Francusko-portugalska dwujÄzyczna ksiÄ ĆŒka
Lâhomme sort de la vie pour entrer dans la mort.
Il y a treize causes de vie et treize causes de mort.
Ă peine est-il nĂ© que ces treize causes de mort lâentraĂźnent rapidement au trĂ©pas.
Quelle en est la raison? Câest quâil veut vivre avec trop dâintensitĂ©.
Or jâai appris que celui qui sait gouverner sa vie ne craint sur sa route ni le rhinocĂ©ros, ni le tigre.
Sâil entre dans une armĂ©e, il nâa besoin ni de cuirasse, ni dâarmes.
Le rhinocĂ©ros ne saurait oĂč le frapper de sa corne, le tigre oĂč le dĂ©chirer de ses ongles, le soldat oĂč le percer de son glaive.
Quelle en est la cause? Il est Ă lâabri de la mort!
ExpĂŽr vida Ă© impĂŽr morte.
TrĂȘs em dez sĂŁo companheiros na vida;
TrĂȘs em dez sĂŁo companheiros na morte;
TrĂȘs em dez sĂŁo companheiros que caminham para o campo de morte.
E qual Ă© a razĂŁo?
Por viverem intensamente a vida.
Ouve-se do que bem cultiva a vida:
Por terra nĂŁo encontra rinocerontes ou tigres
Entre um exército não sofre com armas e escudos.
O rinoceronte nĂŁo encontra onde cravar o chifre;
O tigre nĂŁo tem onde cravar as garras;
As armas nĂŁo encontram onde cravar a lĂąmina.
E qual Ă© a razĂŁo?
O homem santo nĂŁo tem campo de morte.
Chapitre LI
CapĂtulo LI
Le Tao produit les ĂȘtres, la Vertu les nourrit. Ils leur donnent un corps et les perfectionnent par une secrĂšte impulsion.
Câest pourquoi tous les ĂȘtres rĂ©vĂšrent le Tao et honorent la Vertu.
Personne nâa confĂ©rĂ© au Tao sa dignitĂ©, ni Ă la Vertu sa noblesse: ils les possĂšdent Ă©ternellement en eux-mĂȘmes.
Câest pourquoi le Tao produit les ĂȘtres, les nourrit, les fait croĂźtre, les perfectionne, les mĂ»rit, les alimente, les protĂšge.
Il les produit et ne se les approprie point; il les fait ce quâils sont et ne sâen glorifie point; il rĂšgne sur eux et les laisse libres.
Câest lĂ ce quâon appelle une vertu profonde.
O Tao dĂĄ vida;
A virtude cultiva;
O ambiente molda;
As influĂȘncias desenvolvem.
Por isto as dez-mil-coisas
Honram o Tao e dignificam a virtude.
O Tao Ă© honrado e a virtude dignificada
Isto nĂŁo se ordena mas vem espontĂąneamente.
Portanto:
O Tao dĂĄ vida;
A virtude cultiva;
E o crescimento se aprimora;
E a proteção amadurece;
E a manutenção se renova.
Chapitre LII
CapĂtulo LII
Le principe du monde est devenu la mĂšre du monde.
DĂšs qulon possĂšde la mĂšre, on connaĂźt ses enfants.
DĂšs que lâhomme connaĂźt les enfants et quâil conserve leur mĂšre, jusquâĂ la fin de sa vie il nâest exposĂ© Ă aucun danger.
Sâil clot sa bouche, sâil ferme ses oreilles et ses yeux, jusquâau terme de ses jours, il nâĂ©prouvera aucune fatigue.
Mais sâil ouvre sa bouche et augmente ses dĂ©sirs, jusquâĂ la fin de sa vie, il ne pourra ĂȘtre sauvĂ©.
Celui qui voit les choses les plus subtiles sâappelle Ă©clairĂ©; celui qui conserve la faiblesse sâappelle fort.
Sâil fait usage de lâĂ©clat (du Tao) et revient Ă sa lumiĂšre, son corps nâaura plus Ă craindre aucune calamitĂ©.
Câest lĂ ce quâon appelle ĂȘtre doublement Ă©clairĂ©.
O mundo tem uma origem
Que pode-se chamar MĂŁe do mundo.
Quem tem a mĂŁe
Conhece seu filho;
Quem conhece o filho
Retorna para a mĂŁe.
Desaparecendo o corpo
NĂŁo hĂĄ perigo.
Fechando as entradas
Trancando suas portas
Findando o corpo
NĂŁo hĂĄ perigos.
Abrindo as entradas;
Aumentando seus afazeres;
Findando o corpo;
Não hå salvação.
Ver pequenas coisas chama-se discernimento;
Conservar a suavidade chama-se força.
Se usarmos nossa luz para retornar à iluminação
NĂŁo haverĂĄ perigo quando este corpo passar:
Isto Ă© chamado vestir-se da eternidade.
Chapitre LIII
CapĂtulo LIII
Si jâĂ©tais douĂ© de quelque connaissance, je marcherais dans la grande Voie.
La seule chose que je craigne, câest dâagir.
La grande Voie est trĂšs-unie, mais le peuple aime les sentiers.
Si les palais sont trĂšs-brillants, les champs sont trĂšs-incultes, et les greniers trĂšs-vides.
Les princes sâhabillent de riches Ă©toffes; ils portent un glaive tranchant; ils se rassasient de mets exquis; ils regorgent de richesses.
Câest ce quâon appelle se glorifier du vol; ce nâest point pratiquer le Tao.
Se eu tivesse o conhecimento
De como agir de acordo com o grande Tao
Justamente temeria a atividade.
O grande Tao Ă© uma linha reta
Mas o povo prefere atalhos.
Onde a corte Ă© rĂgida
Os campos enchem-se de ervas daninhas
E celeiros ficam vazios.
Enfeitam-se com brocados;
Andam com espadas afiadas;
Refinam-se no comer e beber;
Com bens e riquezas excessivos.
Isto Ă© chamado: ostentar rapina
NĂŁo, isto nĂŁo Ă© o Tao.
Chapitre LIV
CapĂtulo LIV
Celui qui sait fonder ne craint point la destruction;
celui qui sait conserver ne craint point de perdre.
Ses fils et ses petits-fils lui offriront des sacrifices sans interruption.
Si (lâhomme) cultive le Tao au dedans de lui-mĂȘme, sa vertu deviendra sincĂšre.
Sâil le cultive dans sa famille, sa vertu deviendra surabondante.
Sâil le cultive dans le village, sa vertu deviendra Ă©tendue.
Sâil le cultive dans le royaume, sa vertu deviendra florissante.
Sâil le cultive dans lâempire, sa vertu deviendra universelle.
Câest pourquoi, dâaprĂšs moi-mĂȘme, je juge des autres hommes; dâaprĂšs une famille, je juge des autres familles; dâaprĂšs un village, je juge des autres villages; dâaprĂšs un royaume, je juge des autres royaumes; dâaprĂšs lâempire, je juge de lâempire.
Comment sais-je quâil en est ainsi de lâempire? Câest uniquement par lĂ .
Quem planta o bem nĂŁo perde a raiz;
Quem abraça o bem não se separa;
E seus filhos e netos
NĂŁo cessarĂŁo de lembrar dele.
Quem cultiva a virtude em si Ă© eficiente;
Quem cultiva a virtude na famĂlia Ă© pleno;
Quem cultiva a virtude na famĂlia Ă© durĂĄvel;
Quem cultiva a virtude no reino Ă© fecundo;
Quem cultiva a virtude no mundo Ă© imenso.
Portanto:
Através de si veja os outros;
AtravĂ©s de sua famĂlia veja as famĂlias;
Através de sua comunidade veja as comunidades;
Através de seu reino veja os reinos;
Através de seu mundo veja os mundos.
E como sei que o mundo Ă© assim?
Pelo que estĂĄ aqui.
Chapitre LV
CapĂtulo LV
Celui qui possĂšde une vertu solide ressemble Ă un nouveau-nĂ© qui ne craint ni la piqĂ»re des animaux venimeux, ni les grilles des bĂȘtes fĂ©roces, ni les serres des oiseaux de proie.
Ses os sont faibles, ses nerfs sont mous, et cependant il saisit fortement les objets.
Il ne connaĂźt pas encore lâunion des deux sexes, et cependant certaines parties (de son corps) Ă©prouvent un orgasme viril. Cela vient de la perfection du semen.
Il crie tout le jour et sa voix ne sâaltĂšre point; cela vient de la perfection de lâharmonie (de la force vitale).
ConnaĂźtre lâharmonie sâappelle ĂȘtre constant.
ConnaĂźtre la constance sâappelle ĂȘtre Ă©clairĂ©.
Augmenter sa vie sâappelle une calamitĂ©.
Quand le cĆur donne lâimpulsion Ă lâĂ©nergie vitale, cela sâappelle ĂȘtre fort.
DĂšs que les ĂȘtres sont devenus robustes, ils vieillissent.
Câest ce quâon appelle ne pas imiter le Tao.
Celui qui nâimite pas le Tao pĂ©rit de bonne heure.
Quem mantém a plenitude da virtude
à como uma criança recém-nascida:
Insetos venenosos nĂŁo a picam.
Feras nĂŁo a atacam.
Aves de rapina nĂŁo a raptam.
Possui ossos frågeis e tendÔes elåsticos
Mas agarra com força.
Não conhece a relação sexual
Mas seu sangue se estimula
Pois possui a plenitude do sĂȘmen.
O dia inteiro grita sem rouquejar
Pois possui o auge da harmonia.
Conhecer a harmonia Ă© ser eterno;
Conhecer a eternidade Ă© ser iluminado;
Acrescer a vida Ă© fatalidade;
O coração no controle da vida é rigidez.
Quando as coisas se fortalecem, caducam.
Isto se diz sem-Tao:
Quando sem-Tao nĂŁo hĂĄ Tao.
Chapitre LVI
CapĂtulo LVI
Lâhomme qui connaĂźt (le Tao) ne parle pas; celui qui parle ne le connaĂźt pas.
Il clot sa bouche, il ferme ses oreilles et ses yeux, il Ă©mousse son activitĂ©, il se dĂ©gage de tous liens, il tempĂšre sa lumiĂšre (intĂ©rieure), il sâassimile au vulgaire. On peut dire quâil ressemble au Tao.
Il est inaccessible Ă la faveur comme Ă la disgrĂące, au profit comme au dĂ©triment, aux honneurs comme Ă lâignominie.
Câest pourquoi il est lâhomme le plus honorable de lâunivers.
Quem sabe nĂŁo fala
Quem fala nĂŁo sabe.
Fechar as entradas;
Trancar as portas;
Abrandar o cume;
Desfazer o emaranhado;
Moderar a luz;
Reunir o pĂł:
Isto chama-se uniĂŁo misteriosa com o Tao.
Portanto quem a tem:
Ă incompatĂvel com a intimidade;
Ă incompatĂvel com a estranheza;
Ă incompatĂvel com o lucro;
Ă incompatĂvel com a perda;
Ă incompatĂvel com a glĂłria;
Ă incompatĂvel com a vileza.
Por isto:
Constitui-se glorioso no mundo.
Chapitre LVII
CapĂtulo LVII
Avec la droiture, on gouverne le royaume; avec la ruse, on fait la guerre; avec le non-agir, on devient le maĂźtre de lâempire.
Comment sais-je quâil en est ainsi de lâempire? Par ceci.
Plus le roi multiplie les prohibitions et les dĂ©fenses, et plus le peuple sâappauvrit;
Plus le peuple a dâinstruments de lucre, et plus le royaume se trouble;
Plus le peuple a dâadresse et dâhabiletĂ© et plus lâon voit fabriquer dâobjets bizarres;
Plus les lois se manifestent, et plus les voleurs sâaccroissent.
Câest pourquoi le Saint dit: Je pratique le non-agir, et le peuple se convertit de lui-mĂȘme.
Jâaime la quiĂ©tude, et le peuple se rectifie de lui-mĂȘme.
Je mâabstiens de toute occupation, et le peuple sâenrichit de lui-mĂȘme.
Je me dĂ©gage de tous dĂ©sirs, et le peuple revient de lui-mĂȘme Ă la simplicitĂ©.
Pela normalidade governa-se um reino;
Pela anormalidade usam-se armas;
Mas quando nĂŁo hĂĄ atividades
Conquista-se o mundo.
Mas como sei que Ă© assim?
Pelo que estĂĄ aqui.
Sob o céu:
Quanto mais proibiçÔes e superstiçÔes
Mais o povo se empobrece.
Quanto maior o poder de guerra
Mais o reino se arruina.
Quanto maior a arte e esperteza dos homens
Mais pressĂĄgios nefastos surgirĂŁo.
Quanto mais leis e decretos promulgados
Mais ladrÔes e assaltantes surgirão.
Por isto um homem santo disse:
Eu nĂŁo-ajo e o povo muda por si;
Eu amo o repouso e o povo endireita por si;
Eu nada empreendo e o povo enriquece por si;
Eu nĂŁo tenho desejos e o povo torna-se como madeira nĂŁo esculpida por si.
Chapitre LVIII
CapĂtulo LVIII
Lorsque lâadministration (paraĂźt) dĂ©pourvue de lumiĂšres, le peuple devient riche.
Lorsque lâadministration est clairvoyante, le peuple manque de tout.
Le bonheur naßt du malheur, le malheur est caché au sein du bonheur. Qui peut en prévoir la fin?
Si le prince nâest pas droit, les hommes droits deviendront trompeurs, et les hommes vertueux, pervers.
Les hommes sont plongĂ©s dans lâerreur, et cela dure depuis bien longtemps!
Câest pourquoi le Saint est juste et ne blesse pas (le peuple).
Il est désintéressé et ne lui fait pas de tort.
Il est droit et ne le redresse pas.
Il est Ă©clairĂ© et ne lâĂ©blouit pas.
Com governo tranquilo e discreto
O povo Ă© expressivo e honesto.
Com governo vigilante e atuante
O povo Ă© retraĂdo e omisso.
Na desgraça apoia-se a felicidade;
Na felicidade encosta-se a desgraça;
E quem conhece seus limites?
Na ausĂȘncia de leis
O normal passa por anormal
E o bom passa por ilusĂŁo.
O desvio do homem
Com teimosia dura muitos dias.
Por isto o homem santo:
Delimita sem demarcar;
Modela sem talhar;
Corrige sem deformar;
Brilha sem ofuscar.
Chapitre LIX
CapĂtulo LIX
Pour gouverner les hommes et servir le ciel, rien nâest comparable Ă la modĂ©ration.
La modĂ©ration doit ĂȘtre le premier soin de lâhomme.
Quand elle est devenue son premier soin, on peut dire quâil accumule abondamment la vertu.
Quand il accumule abondamment la vertu, il nây a rien dont il ne triomphe.
Quand il nây a rien dont il ne triomphe, personne ne connaĂźt ses limites.
Quand personne ne connaßt ses limites, il peut posséder le royaume.
Celui qui possĂšde la mĂšre du royaume peut subsister longtemps.
Câest ce qu'on appelle avoir des racines profondes et une tige solide.
VoilĂ lâart de vivre longuement et de jouir dâune existence durable.
No governo dos homens;
No serviço do céu;
Não hå nada como a moderação.
Pois com moderação
Hå submissão prévia;
Com submissão prévia
Hå reiteração da virtude.
Reiteração da virtude:
Invencibilidade!
Invencibilidade:
Não se conhecem as limitaçÔes!
Sem limitaçÔes:
Pode-se possuir o reino!
Tendo a MĂŁe do mundo:
Duramos eternamente.
Isto se diz:
Raiz profunda;
Fundamento sĂłlido;
O Tao da existĂȘncia eterna;
E da visão perpétua.
Chapitre LX
CapĂtulo LX
Pour gouverner un grand royaume, (on doit) imiter (celui qui) fait cuire un petit poisson.
Lorsque le prince dirige lâempire par le Tao, les dĂ©mons ne montrent point leur puissance.
Ce nâest point que les dĂ©mons manquent de puissance, câest que les dĂ©mons ne blessent point les hommes.
Ce nâest point que les dĂ©mons ne (puissent) blesser les hommes, câest que le Saint lui-mĂȘme ne blesse point les hommes.
Ni le Saint ni les dĂ©mons ne les blessent; câest pourquoi ils confondent ensemble leur vertu.
Governar um grande reino
Ă como fritar peixe pequeno.
Quando o mundo Ă© governado pelo Tao
Os mortos nĂŁo se passam por espĂritos.
NĂŁo somente os mortos nĂŁo se passam por espĂritos
Mas os espĂritos tambĂ©m nĂŁo atormentam pessoas.
NĂŁo somente os espĂritos nĂŁo atormentam pessoas
Mas o homem santo também não as atormenta.
Quando ambos nĂŁo se atormentam
A virtude conjuga seus efeitos.
Chapitre LXI
CapĂtulo LXI
Un grand royaume (doit sâabaisser comme) les fleuves et les mers, oĂč se rĂ©unissent (toutes les eaux de) lâempire.
Dans le monde, tel est le rĂŽle de la femelle. En restant en repos, elle triomphe constamment du mĂąle. Ce repos est une sorte dâabaissement.
Câest pourquoi, si un grand royaume sâabaisse devant les petits royaumes, il gagnera les petits royaumes.
Si les petits royaumes sâabaissent devant un grand royaume, ils gagneront le grand royaume.
Câest pourquoi les uns sâabaissent pour recevoir, les autres sâabaissent pour ĂȘtre reçus.
Ce que dĂ©sire uniquement un grand royaume, câest de rĂ©unir et de gouverner les autres hommes.
Ce que dĂ©sire uniquement un petit royaume, câest dâĂȘtre admis Ă servir les autres hommes.
Alors tous deux obtiennent ce quâils dĂ©siraient.
Mais les grands doivent sâabaisser!
Um grande reino Ă© um rio de baixo curso:
Lugar de reuniĂŁo do mundo,
Feminino do mundo.
O feminino pela sua passividade
Vence o masculino;
Porque por sua passividade
Ela se mantém abaixo.
Portanto:
Se um grande reino submete-se a um pequeno
O grande conquista o pequeno.
Se um pequeno reino submete-se a um grande
O pequeno conquista o grande.
Assim:
Uns submetem-se para conquistar;
Outros submetidos conquistam.
Um grande reino
SĂł quer juntar e alimentar pessoas.
Um pequeno reino
Só quer participar do serviço das pessoas.
Mas para que ambos consigam seu desejo
O grande deve sempre submeter-se.
Chapitre LXII
CapĂtulo LXII
Le Tao est lâasile de tous les ĂȘtres; câest le trĂ©sor de lâhomme vertueux et lâappui du mĂ©chant.
Les paroles excellentes peuvent faire notre richesse, les actions honorables peuvent nous élever au-dessus des autres.
Si un homme nâest pas vertueux, pourrait-on le repousser avec mĂ©pris?
Câest pour cela quâon avait Ă©tabli un empereur et instituĂ© trois ministres.
Il est beau de tenir devant soi une tablette de jade, ou dâĂȘtre montĂ© sur un quadrige; mais il vaut mieux rester assis pour avancer dans le Tao.
Pourquoi les anciens estimaient-ils le Tao?
Nâest-ce pas parce quâon le trouve naturellement sans le chercher tout le jour? nâest-ce pas parce que les coupables obtiennent par lui la libertĂ© et la vie?
Câest pourquoi (le Tao) est lâĂȘtre le plus estimable du monde.
O Tao Ă© o refĂșgio das dez-mil-coisas:
Tesouro dos bons,
RefĂșgio dos nĂŁo-bons.
Com belas palavras negocia-se honras;
Com nobre conduta destaca-se diante dos outros;
Mas porque deverĂamos rejeitar os nĂŁo-bons?
Por isto:
Foi investido o filho do céu;
E estabelecidos os trĂȘs prĂncipes.
Mas, empunhar o cetro de jade,
E desfilar em um cortejo festivo
NĂŁo se iguala a assentar e adentrar no Tao.
E qual a razĂŁo dos antigos apreciarem o Tao?
NĂŁo Ă© porque se diz:
«Quem pede recebe
Quem errou evita a perversão?».
Por isto o Tao Ă© o bem mais precioso do mundo.
Chapitre LXIII
CapĂtulo LXIII
(Le sage) pratique le non-agir, il sâoccupe de la non-occupation, et savoure ce qui est sans saveur.
Les choses grandes ou petites, nombreuses ou rares, (sont égales à ses yeux).
Il venge ses injures par des bienfaits.
Il commence par des choses aisĂ©es, lorsquâil en mĂ©dite de difficiles; par de petites choses, lorsquâil en projette de grandes.
Les choses les plus difficiles du monde ont nĂ©cessairement commencĂ© par ĂȘtre aisĂ©es.
Les choses les plus grandes du monde ont nĂ©cessairement commencĂ© par ĂȘtre petites.
De lĂ vient que, jusquâĂ la fin, le Saint ne cherche point Ă faire de grandes choses; câest pourquoi il peut accomplir de grandes choses.
Celui qui promet à la légÚre tient rarement sa parole.
Celui qui trouve beaucoup de choses faciles éprouve nécessairement de nombreuses difficultés.
De lĂ vient que le Saint trouve tout difficile; câest pourquoi, jusquâau terme de sa vie, il nâĂ©prouve nulles difficultĂ©s.
Agir o nĂŁo-agir;
Ocupar o nĂŁo-ocupar;
Saborear o nĂŁo-saborear;
Engrandecer o pequeno;
Retribuir rancor com virtude;
Planejar o difĂcil quando ainda Ă© fĂĄcil;
Fazer o grande do que Ă© pequeno.
Por isto o homem santo:
NĂŁo se engrandece
E realiza grandes atos.
Quem promete levianamente
Não merece crédito.
O que se acha muito fĂĄcil
Acaba sendo muito difĂcil.
Por isto o homem santo:
Considera tudo bem difĂcil
E por isto tudo fica fĂĄcil.
Chapitre LXIV
CapĂtulo LXIV
Ce qui est calme est aisé à maintenir; ce qui n'a pas encore paru est aisé à prévenir; ce qui est faible est aisé à briser; ce qui est menu est aisé à disperser.
ArrĂȘtez le mal avant quâil nâexiste; calmez le dĂ©sordre avant quâil n'Ă©clate.
Un arbre dâune grande circonfĂ©rence est nĂ© dâune racine aussi dĂ©liĂ©e quâun cheveu; une tour de neuf Ă©tages est sortie dâune poignĂ©e de terre; un voyage de mille lis a commencĂ© par un pas!
Celu1 qui agit Ă©choue; celui qui sâattache Ă une chose la perd.
De lĂ vient que le Saint nâagit pas, câest pourquoi il n'Ă©choue point.
Il ne sâattache Ă rien, câest pourquoi il ne perd point.
Lorsque le peuple fait une chose, il échoue toujours au moment de réussir.
Soyez attentif Ă la fin comme au commencement, et alors vous nâĂ©chouerez jamais.
De lĂ vient que le Sage fait consister ses dĂ©sirs dans l'absence de tout dĂ©sir. Il nâestime point les biens dâune acquisition difficile.
Il fait consister son Ă©tude dans lâabsence de toute Ă©tude, et se prĂ©serve des fautes des autres hommes.
Il nâose pas agir afin d'aider tous les ĂȘtres Ă suivre leur nature.
O que Ă© calmo Ă© fĂĄcil manter;
O que nĂŁo surgiu Ă© fĂĄcil programar;
O que Ă© frĂĄgil Ă© fĂĄcil quebrar;
O que Ă© pequeno Ă© fĂĄcil espalhar.
Deve-se agir no que ainda nĂŁo-foi;
Deve-se pĂŽr em ordem antes da desordem.
Uma årvore com braças de diùmetro
Nasce como uma raiz de cabelo.
Uma torre de nove andares
Surge de terra amontoada.
Uma viagem de uma milha
Começa sob os pés.
Quem age arruina;
Quem segura perde.
O povo apĂłs terminar uma obra sempre o estraga;
Cuidando do fim como do começo nada se estraga.
Por isto o homem santo:
Deseja nĂŁo desejar;
NĂŁo valoriza bens custosos;
Aprende nĂŁo-aprendendo;
Recorre ao que o povo deixa de lado;
Ajuda a natureza das dez-mil-coisas;
E nunca ousa agir.
Chapitre LXV
CapĂtulo LXV
Dans lâantiquitĂ©, ceux qui excellaient Ă pratiquer le Tao ne lâemployaient point Ă Ă©clairer le peuple; ils lâemployaient Ă le rendre simple et ignorant.
Le peuple est difficile Ă gouverner parce quâil a trop de prudence;
Celui qui se sert de la prudence pour gouverner le royaume, est le fléau du royaume.
Celui qui ne se sert pas de la prudence pour gouverner le royaume, fait le bonheur du royaume.
Lorsquâon connaĂźt ces deux choses, on est le modĂšle (de lâempire).
Savoir ĂȘtre le modĂšle (de lâempire), câest ĂȘtre douĂ© dâune vertu cĂ©leste.
Cette vertu céleste est profonde, immense, opposée aux créatures.
Par elle on parvient à procurer une paix générale.
Na antiguidade os que bem atuavam no Tao
Não buscavam a iluminação do povo
Mas sim a sua simplicidade.
NĂŁo Ă© possĂvel governar o povo
Quando ele sabe demais.
Portanto:
Governar pela sabedoria
à roubar a nação.
NĂŁo governar pela sabedoria
à prosperar a nação.
Quem conhece estes dois
Aprofunda-se no ideal.
Saber aprofundar-se no ideal
Chama-se de Virtude oculta.
Virtude oculta:
Profunda! Distante!
Vem com as dez-mil-coisas
E resulta na grande concordĂąncia.
Chapitre LXVI
CapĂtulo LXVI
Pourquoi les fleuves et les mers peuvent-ils ĂȘtre les rois de toutes les eaux?
Parce quâils savent se tenir au-dessous dâelles.
Câest pour cela quâils peuvent ĂȘtre les rois de toutes les eaux.
Aussi lorsque le Saint dĂ©sire dâĂȘtre au-dessus du peuple, il faut que, par ses paroles, il se mette au-dessous de lui.
Lorsquâil dĂ©sire dâĂȘtre placĂ© en avant du peuple, il faut que, de sa personne, il se mette aprĂšs lui.
De lĂ vient que le Saint est placĂ© au-dessus de tous et il nâest point Ă charge au peuple; il est placĂ© en avant de tous et le peuple nâen souffre pas.
Aussi tout lâempire aime Ă le servir et ne sâen lasse point.
Comme il ne dispute pas (le premier rang), il nây a personne dans lâempire qui puisse le lui disputer.
Rios e mares regem os cem vales
Por saberem manter-se abaixo deles:
Portanto regem os cem vales.
Assim o homem santo:
Se deseja ficar acima do povo
Coloca-se abaixo quando fala.
Se deseja ficar a frente do povo
Coloca-se atrĂĄs.
Portanto o homem santo:
Fica acima
E o povo nĂŁo sente seu peso.
Fica Ă frente
E o povo nĂŁo sofre prejuĂzo.
Assim:
O mundo com alegria Ă© impelido
E nĂŁo hĂĄ nenhuma opressĂŁo.
Como nĂŁo hĂĄ disputa
Ninguém sob o céu pode com ele disputar.
Chapitre LXVII
CapĂtulo LXVII
Dans le monde tous me disent éminent, mais je ressemble à un homme borné.
Câest uniquement parce que je suis Ă©minent, que je ressemble Ă un homme bornĂ©.
Quant Ă (ceux quâon appelle) Ă©clairĂ©s, il y a longtemps que leur mĂ©diocritĂ© est connue!
Je possÚde trois choses précieuses: je les tiens et les conserve comme un trésor.
La premiĂšre sâappelle lâaffection; la seconde sâappelle lâĂ©conomie; la troisiĂšme sâappelle lâhumilitĂ©, qui mâempĂȘche de vouloir ĂȘtre le premier de lâempire.
Jâai de lâaffection, câest pourquoi je puis ĂȘtre courageux.
Jâai de lâĂ©conomie, câest pourquoi je puis faire de grandes dĂ©penses.
Je nâose ĂȘtre le premier de lâempire, câest pourquoi je puis devenir le chef de tous les hommes.
Mais aujourdâhui on laisse lâaffection pour sâabandonner au courage; on laisse lâĂ©conomie our se livrer a de grandes dĂ©penses; on laisse le dernier rang pour rechercher le premier:
VoilĂ ce qui conduit Ă la mort.
Si lâon combat avec un cĆur rempli dâaffection, on remporte la victoire; si lâon dĂ©fend (une ville), elle est inexpugnable.
Quand le ciel veut sauver un homme, il lui donne lâaffection pour le protĂ©ger.
Sob o céu todos dizem
Que meu Tao Ă© grande
E por isto Ă© anormal.
Por ser grande parece anormal:
Porque se fosse normal
HĂĄ muito teria ficado pequeno.
TrĂȘs jĂłias aprecio e preservo:
A primeira chama-se misericĂłrdia;
A segunda chama-se moderação;
A terceira chama-se nĂŁo buscar o poder.
Antes a misericĂłrdia, depois coragem;
Antes moderação, depois generosidade;
Antes nĂŁo buscar o poder, depois liderar homens de talento.
Mas se:
Sem misericĂłrdia querer-se coragem;
Sem moderação querer-se generosidade;
Sem ficar atrĂĄs querer poder:
Isto Ă© morte.
Se na guerra atacar com misericĂłrdia
Vence-se.
Se na defensiva
Fortalece-se.
Por isto aquele que o céu quer salvar
Ă protegido pela misericĂłrdia.
Chapitre LXVIII
CapĂtulo LXVIII
Celui qui excelle Ă commander une armĂ©e, nâa pas une ardeur belliqueuse.
Celui qui excelle Ă combattre ne se laisse pas aller Ă la colĂšre.
Celui qui excelle Ă vaincre ne lutte pas.
Celui qui excelle Ă employer les hommes se met au-dessous dâeux.
Câest lĂ ce quâon appelle possĂ©der la vertu qui consiste Ă ne point lutter.
Câest ce quâon appelle savoir se servir des forces des hommes.
Câest ce quâon appelle sâunir au ciel.
Telle était la science sublime des anciens.
O bom militar nĂŁo Ă© marcial;
O bom guerreiro não é colérico;
O bom vencedor nĂŁo precisa lutar;
O bom utilizador de homens submete-se a eles.
Isto Ă© chamado: virtude sem luta;
Isto é chamado: força que manipula os homens;
Isto é chamado: o auge da união com o céu.
Chapitre LXIX
CapĂtulo LXIX
Voici ce que disait un ancien guerrier:
Je nâose donner le signal, jâaime mieux le recevoir.
Je nâose avancer dâun pouce, jâaime mieux reculer dâun pied.
Câest ce qui sâappelle nâavoir pas de rang Ă suivre, de bras Ă Ă©tendre, dâennemis Ă poursuivre, ni dâarme Ă saisir.
Il nây a pas de plus grand malheur que de rĂ©sister Ă la lĂ©gĂšre.
RĂ©sister Ă la lĂ©gĂšre, câest presque perdre notre trĂ©sor.
Aussi, lorsque deux armĂ©es combattent Ă armes Ă©gales, câest lâhomme le plus compatissant qui remporte la victoire.
Do estrategista existe este ditado:
«Não ouso ser o senhor, mas o hóspede.
Não ouso avançar uma polegada, mas recuar um passo».
Isto se chama:
Avançar sem pernas;
Lutar sem braços;
Repelir sem atacar;
Capturar sem armas.
O maior desastre Ă© subestimar o inimigo:
Subestimando o inimigo perco as minhas jĂłias.
Portanto:
Quando exércitos se confrontam,
Vence o mais compassivo.
Chapitre LXX
CapĂtulo LXX
Mes paroles sont trĂšs-faciles Ă comprendre, trĂšs-faciles Ă pratiquer.
Dans le monde personne ne peut les comprendre, personne ne peut les pratiquer.
Mes paroles ont une origine, mes actions ont une rĂšgle.
Les hommes ne les comprennent pas, câest pour cela quâils mâignorent.
Ceux qui me comprennent sont bien rares. Je nâen suis que plus estimĂ©.
De lĂ vient que le Saint se revĂȘt dâhabits grossiers et cache des pierres prĂ©cieuses dans son sein.
Minhas palavras
SĂŁo fĂĄceis de entender,
SĂŁo fĂĄceis de praticar.
Mas sob o céu
NĂŁo sĂŁo compreendidas,
NĂŁo sĂŁo praticadas.
As palavras tem tradição;
Os eventos tem um senhor;
E por serem incompreendidos,
Eu também sou incompreendido.
Os que me conhecem sĂŁo raros,
E nisto estĂĄ o meu valor.
Por isto:
Sob as vestes de aldeĂŁo
O homem santo esconde jade.
Chapitre LXXI
CapĂtulo LXXI
Savoir et (croire quâon) ne sait pas, câest le comble du mĂ©rite.
Ne pas savoir et (croire quâon) sait, câest la maladie (des hommes).
Si vous vous affligez de cette maladie vous ne lâĂ©prouverez pas.
Le Saint nâĂ©prouve pas cette maladie, parce quâil sâen afflige.
Voila pourquoi il ne lâĂ©prouve pas.
Saber o nĂŁo-saber Ă© o bem superior;
Não-saber o saber é uma alienação.
O homem santo nĂŁo Ă© alienado;
Ele aliena a alienação.
E por alienar a alienação
Ele nĂŁo Ă© um alienado.
E somente por isto
NĂŁo Ă© um alienado.
Chapitre LXXII
CapĂtulo LXXII
Lorsque le peuple ne craint pas les choses redoutables, ce quâil y a de plus redoutable (la mort) vient fondre sur lui.
Gardez-vous de vous trouver Ă lâĂ©troit dans votre demeure, gardez-vous de vous dĂ©goĂ»ter de votre sort.
Je ne me dĂ©goĂ»te point du mien, câest pourquoi il ne mâinspire point de dĂ©goĂ»t.
De lĂ vient que le Saint se connaĂźt lui-mĂȘme et ne se met point en lumiĂšre; il se mĂ©nage et ne se prise point.
Câest pourquoi il laisse ceci et adopte cela.
Se o povo nĂŁo teme a autoridade
EntĂŁo vem a grande autoridade:
Nada diminui sua moradia;
Nada oprime a subsistĂȘncia;
E por nĂŁo haver opressĂŁo nĂŁo hĂĄ aborrecimento.
Por isto o homem santo:
Conhece a si mesmo, mas nĂŁo se exibe;
Ama a si mesmo, mas nĂŁo se glorifica.
Portanto:
Ele recusa o ali e admite o aqui.
Chapitre LXXIII
CapĂtulo LXXIII
Celui qui met son courage Ă oser, trouve la mort.
Celui qui met son courage Ă ne pas oser, trouve la vie.
De ces deux choses, lâune est utile, lâautre est nuisible.
Lorsque le ciel dĂ©teste quelquâun, qui est-ce qui pourrait sonder ses motifs?
Câest pourquoi le Saint se dĂ©cide difficilement Ă agir.
Telle est la voie (la conduite) du ciel.
Il ne lutte point, et il sait remporter la victoire.
Il ne parle point, et (les ĂȘtres) savent lui obĂ©ir.
Il ne les appelle pas, et ils accourent dâeux-mĂȘmes.
Il paraĂźt lent, et il sait former des plans habiles.
Le filet du ciel est immense; ses mailles sont Ă©cartĂ©es et cependant personne nâĂ©chappe.
Quem mostra coragem com ousadia morre;
Quem mostra coragem sem ousadia sobrevive:
Dos dois um ganha e outro perde.
Mas alguém sabe a razão
Porque o céu abomina alguém?
Por isto o homem santo vĂȘ as dificuldades.
O Tao do céu:
Sem lutar Ă© hĂĄbil em vencer;
Sem falar Ă© hĂĄbil em responder;
Sem sinalizar vĂȘm por si;
Passo-a-passo Ă© hĂĄbil em planejar.
A rede do céu tem malhas largas;
Mas nada passa por elas.
Chapitre LXXIV
CapĂtulo LXXIV
Lorsque le peuple ne craint pas la mort, comment lâeffrayer par la menace de la mort?
Si le peuple craint constamment la mort, et que quelquâun fasse le mal, je puis le saisir et le tuer, et alors qui osera (lâimiter)?
Il y a constamment un magistrat suprĂȘme qui inflige la mort.
Si lâon veut remplacer ce magistrat suprĂȘme, et infliger soi-mĂȘme la mort, on ressemble Ă un homme (inhabile) qui voudrait tailler le bois Ă la place dâun charpentier.
Lorsqulon veut tailler le bois Ă la place dâun charpentier, il est rare quâon ne se blesse pas les mains.
Se o povo nĂŁo teme a morte
Para quĂȘ intimidĂĄ-lo com a morte?
Se o povo sempre teme a morte
E uma pessoa age de forma estranha
Devo capturĂĄ-la e matĂĄ-la?
Quem ousaria isto?
HĂĄ sempre o ofĂcio da morte a executar.
Querer tomar o lugar da morte
Ă como querer talhar no lugar do lenhador:
Dificilmente deixarĂĄ de ferir as mĂŁos.
Chapitre LXXV
CapĂtulo LXXV
Le peuple a faim parce que le prince dĂ©vore une quantitĂ© dâimpĂŽts.
VoilĂ pourquoi il a faim.
Le peuple est difficile Ă gouverner parce que le prince aime Ă agir.
VoilĂ pourquoi il est difficile Ă gouverner.
Le peuple mĂ©prise la mort parce quâil cherche avec trop dâardeur les moyens de vivre.
Voilà pourquoi il méprise la mort.
Mais celui qui ne sâoccupe pas de vivre est plus sage que celui qui estime la vie.
A fome do povo
Ă fruto dos seus superiores devorarem impostos:
Por isto hĂĄ fome.
O desgoverno do povo
Ă fruto dos seus superiores se intrometerem demais:
Por isto hĂĄ desgoverno.
O descaso do povo com a morte
Ă fruto dos seus superiores viverem na boa-vida:
Por isto o descaso com a morte.
Por isto aquele que nĂŁo-age na vida
Ă o Ășnico que pode dignificar a vida.
Chapitre LXXVI
CapĂtulo LXXVI
Quand lâhomme vient au monde, il est souple et faible; quand il meurt, il est roide et fort.
Quand les arbres et les plantes naissent, ils sont souples et tendres; quand ils meurent, ils sont secs et arides.
La roideur et la force sont les compagnes de la mort; la souplesse et la faiblesse sont les compagnes de la vie.
Câest pourquoi, lorsquâune armĂ©e est forte, elle ne remporte pas la victoire.
Lorsquâun arbre est devenu fort, on lâabat.
Ce qui est fort et grand occupe le rang inférieur; ce qui est souple et faible occupe le rang supérieur.
Quando nasce, um homem Ă© suave e fraco;
Quando morre, um homem Ă© rĂgido e forte.
Quando nasce, uma planta Ă© suave e fraca;
Quando morre, uma planta Ă© murcha e seca.
Por isto:
Rigidez e força são companheiros da morte;
Suavidade e fraqueza sĂŁo companheiros da vida.
Por isto:
Se as armas sĂŁo fortes nĂŁo serĂŁo vitoriosas;
Se as ĂĄrvores sĂŁo fortes serĂŁo abatidas.
Força e grandeza fazem diminuir;
Suavidade e fraqueza fazem crescer.
Chapitre LXXVII
CapĂtulo LXXVII
La voie du ciel (câest-Ă -dire le ciel) est comme lâouvrier en arcs, qui abaisse ce qui est Ă©levĂ©, et Ă©lĂšve ce qui est bas; qui ĂŽte le superflu, et supplĂ©e Ă ce qui manque.
Le ciel ĂŽte Ă ceux qui ont du superflu pour aider ceux qui nâont pas assez.
Il nâen est pas ainsi de lâhomme: il ĂŽte Ă ceux qui nâont pas assez pour donner Ă ceux qui ont du superflu.
Quel est celui qui est capable de donner son superflu aux hommes de lâempire? Celui-lĂ seul qui possĂšde le Tao.
Câest pourquoi le Saint fait (le bien) et ne sâen prĂ©vaut point.
Il accomplit de grandes choses et ne sây attache point.
Il ne veut pas laisser voir sa sagesse.
O Tao do cĂ©uâŠ
Como lembra o armar de um arco!
O que Ă© alto, abaixa-se;
O que Ă© baixo, levanta-se;
O que tem mais, tira-se;
O que tem menos, completa-se.
O Tao do céu:
Tira do mais e completa o menos.
O Tao do homem Ă© o contrĂĄrio:
Tira do menos para dar ao mais.
Mas quem tem a mais para dar ao mundo?
SĂł o possuidor do Tao.
Assim também o homem santo:
Age sem depender;
Realiza a obra sem se apegar.
Ele nĂŁo quer mostrar-se importante.
Chapitre LXXVIII
CapĂtulo LXXVIII
Parmi toutes les choses du monde, il nâen est point de plus molle et de plus faible que lâeau, et cependant, pour briser ce qui est dur et fort, rien ne peut lâemporter sur elle.
Pour cela rien ne peut remplacer lâeau.
Ce qui est faible triomphe de ce qui est fort; ce qui est mou triomphe de ce qui est dur.
Dans le monde il nây a personne qui ne connaisse (cette vĂ©ritĂ©), mais personne ne peut la mettre en pratique.
Câest pourquoi le Saint dit: Celui qui supporte les opprobres du royaume devient chef du royaume.
Celui qui supporte les calamitĂ©s du royaume devient le roi de lâempire.
Les paroles droites paraissent contraires (Ă la raison).
Sob o céu:
NĂŁo hĂĄ nada mais fluido e suave do que a ĂĄgua;
NĂŁo hĂĄ o que a iguale no ataque ao duro e forte;
E nada pode modificĂĄ-la.
A fraqueza vence a força.
A suavidade vence a dureza.
Sob o céu:
Isto se nĂŁo pode conhecer;
Isto nĂŁo se pode praticar.
Por isto disse um homem santo:
Quem suporta a sujeira do reino
Esse Ă© o senhor dos sacrifĂcios da terra.
Quem suporta os males do reino
Esse Ă© o rei do mundo.
Palavras corretas sempre parecem contraditĂłrias.
Chapitre LXXIX
CapĂtulo LXXIX
Si vous voulez apaiser les grandes inimitiĂ©s des hommes, ils conserveront nĂ©cessairement un reste dâinimitiĂ©.
Comment pourraient-ils devenir vertueux?
De là vient que le Saint garde la partie gauche du contrat et ne réclame rien aux autres.
I Câest pourquoi celui qui a de la vertu songe Ă donner, celui qui est sans vertu songe Ă demander.
Le ciel nâaffectionne personne en particulier. Il donne constamment aux hommes vertueux.
Quando se aplaca uma grande discĂłrdia,
Sempre resta alguma discĂłrdia.
Como considerar que seja algo bom?
Por isto o homem santo:
Cumpre sua parte do contrato,
Mas nĂŁo obriga a outra parte.
Quem tem virtude
Cumpre seu dever.
Quem nĂŁo tem virtude
Cobra dos outros.
O Tao do céu não tem sentimentos,
Mas sempre estĂĄ com o homem bom.
Chapitre LXXX
CapĂtulo LXXX
(Si je gouvernais) un petit royaume et un peuple peu nombreux, nâeĂ»t-il des armes que pour dix ou cent hommes, je lâempĂȘcherais de sâen servir.
Jâapprendrais au peuple Ă craindre la mort et Ă ne pas Ă©migrer au loin.
Quand il aurait des bateaux et des chars, il nây monterait pas.
Quand il aurait des cuirasses et des lances, il ne les porterait pas.
Je le ferais revenir Ă lâusage des cordelettes nouĂ©es.
Il savourerait sa nourriture, il trouverait de lâĂ©lĂ©gance dans ses vĂȘtements, il se plairait dans sa demeure, il aimerait ses simples usages.
Si un autre royaume se trouvait en face du mien, et que les cris des coqs et des chiens sâentendissent de lâun Ă lâautre, mon peuple arriverait Ă la vieillesse et Ă la mort sans avoir visitĂ© le peuple voisin.
Um reino deve ser pequeno
E ter poucas pessoas.
UtensĂlios que aumentam a força
NĂŁo devem ser utilizados.
As pessoas devem temer a morte
E nĂŁo migrar.
Barcos e carros
NĂŁo devem ser movidos.
Armas e couraças
NĂŁo devem ser exibidas.
Que o povo volte ao uso de nĂłs em cordas;
Ao doce do seu alimento, Ă beleza de suas roupas;
Ă paz de sua casa e ao conforto dos seus costumes.
Com reinos vizinhos, aqui e ali;
Com canto de galos e latidos de cĂŁes, aqui e ali;
Com gente envelhecendo e morrendo,
Sem mudar para lĂĄ e para cĂĄ, aqui e ali.
Chapitre LXXXI
CapĂtulo LXXXI
Les paroles sincÚres ne sont pas élégantes; les paroles élégantes ne sont pas sincÚres.
Lâhomme vertueux nâest pas disert; celui qui est disert nâest pas vertueux.
Celui qui connaĂźt (le Tao) nâest pas savant; celui qui est savant ne le connaĂźt pas.
Le Saint nâaccumule pas (les richesses,).
Plus il emploie (sa vertu) dans lâintĂ©rĂȘt des hommes, et plus elle augmente.
Plus il donne aux hommes et plus il sâenrichit.
Telle est la voie du ciel, quâil est utile aux ĂȘtres et ne leur nuit point.
Telle est la voie du Saint, quâil agit et ne dispute point.
Palavras verdadeiras nĂŁo sĂŁo belas;
Belas palavras nĂŁo sĂŁo verdadeiras.
O bom nĂŁo se discute;
E o que se discute nĂŁo Ă© bom.
Saber não é erudição;
Erudição não é saber.
O homem santo nĂŁo acumula bens:
Mais possui quanto mais faz pelos outros;
Mais recebe quanto mais dĂĄ aos outros.
O Tao do céu beneficia sem prejudicar;
O Tao do homem santo age sem lutar.
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