ĐĐœĐłĐ»ŃĐčŃĐșа-ŃŃĐ°ĐœŃŃĐ·ŃĐșĐ°Ń ĐșĐœŃга-бŃĐ»ŃĐœĐłĐČа
Nurse
Even or odd, of all days in the year,
Come Lammas-eve at night shall she be fourteen.
Susan and sheâ âGod rest all Christian souls!â â
Were of an age: well, Susan is with God;
She was too good for me: but, as I said,
On Lammas-eve at night shall she be fourteen;
That shall she, marry; I remember it well.
âTis since the earthquake now eleven years;
And she was weanâdâ âI never shall forget itâ â
Of all the days of the year, upon that day:
For I had then laid wormwood to my dug,
Sitting in the sun under the dove-house wall;
My lord and you were then at Mantua:â â
Nay, I do bear a brain:â âbut, as I said,
When it did taste the wormwood on the nipple
Of my dug and felt it bitter, pretty fool,
To see it tetchy and fall out with the dug!
âShakeâ quoth the dove-house: âtwas no need, I trow,
To bid me trudge:
And since that time it is eleven years;
For then she could stand alone; nay, by the rood,
She could have run and waddled all about;
For even the day before, she broke her brow:
And then my husbandâ âGod be with his soul!
Aâ was a merry manâ âtook up the child:
âYea,â quoth he, âdost thou fall upon thy face?
Thou wilt fall backward when thou hast more wit;
Wilt thou not, Jule?â and, by my holidame,
The pretty wretch left crying and said âAy.â
To see, now, how a jest shall come about!
I warrant, an I should live a thousand years,
I never should forget it: âWilt thou not, Jule?â quoth he;
And, pretty fool, it stinted and said âAy.â
LA NOURRICE.
â Au moins ou au plus, nâimporte ! â Entre tous les jours de lâannĂ©e, câest prĂ©cisĂ©ment â la veille au soir de la Saint-Pierre-Ăšs-Liens quâelle aura quatorze ans. â Susanne et elle, Dieu garde toutes les Ăąmes chrĂ©tiennes ! â Ă©taient du mĂȘme Ăąge⊠Oui, Ă prĂ©sent, Susanne est avec Dieu ; â elle Ă©tait trop bonne pour moi ; mais, comme je disais, â la veille au soir de la Saint-Pierre-Ăšs-Liens elle aura quatorze ans ; â elle les aura, ma parole. Je mâen souviens bien. â Il y a maintenant onze ans du tremblement de terre ; â et elle fut sevrĂ©e, je ne lâoublierai jamais, â entre tous les jours de lâannĂ©e, prĂ©cisĂ©ment ce jour-lĂ ; â car jâavais mis de lâabsinthe au bout de mon sein, â et jâĂ©tais assise au soleil contre le mur du pigeonnier ; â Monseigneur et vous, vous Ă©tiez alors Ă Mantoue⊠â Oh ! jâai le cerveau solide !⊠Mais, comme je disais, â dĂšs quâelle eut goĂ»tĂ© lâabsinthe au bout â de mon sein et quâelle en eut senti lâamertume, il fallait voir comme la petite folle, â toute furieuse, sâest emportĂ©e contre le tĂ©ton ! â Tremble, fit le pigeonnier ; il nâĂ©tait pas besoin, je vous jure, â de me dire de dĂ©camper⊠â Et il y a onze ans de ça ; â car alors elle pouvait se tenir toute seule ; oui, par la sainte croix, â elle pouvait courir et trottiner tout partout ; â car, tenez, la veille mĂȘme, elle sâĂ©tait cognĂ© le front ; â et alors mon mari, Dieu soit avec son Ăąme ! â câĂ©tait un homme bien gai ! releva lâenfant : â Oui-dĂ , dit-il, tu tombes sur la face ? â Quand tu auras plus dâesprit, tu tomberas sur le dos ; â nâest-ce pas, Juju ? Et, par Notre Dame, â la petite friponne cessa de pleurer et dit : Oui ! â Voyez donc Ă prĂ©sent comme une plaisanterie vient Ă point ! â Je garantis que, quand je vivrais mille ans, â je nâoublierais jamais ça : Nâest-ce pas, Juju ? fit-il ; â et la petite folle sâarrĂȘta et dit : Oui !
Lady Capulet
Enough of this; I pray thee, hold thy peace.
LADY CAPULET.
â En voilĂ assez ; je tâen prie, tais-toi.
Nurse
Yes, madam: yet I cannot choose but laugh,
To think it should leave crying and say âAy.â
And yet, I warrant, it had upon its brow
A bump as big as a young cockerelâs stone;
A parlous knock; and it cried bitterly:
âYea,â quoth my husband, âfallâst upon thy face?
Thou wilt fall backward when thou comest to age;
Wilt thou not, Jule?â it stinted and said âAy.â
LA NOURRICE.
â Oui, madame ; pourtant je ne peux pas mâempĂȘcher de rire â quand je songe quâelle cessa de pleurer et dit : Oui ! â Et pourtant je garantis quâelle avait au front une bosse aussi grosse quâune coque de jeune poussin â un coup terrible ! et elle pleurait amĂšrement. â Oui-dĂ , fit mon mari, tu tombes sur la face ? â Quand tu seras dâĂąge, tu tomberas sur le dos ; nâest-ce pas, Juju ? Et elle sâarrĂȘta et dit : Oui !
Juliet
And stint thou too, I pray thee, nurse, say I.
JULIETTE.
â ArrĂȘte-toi donc aussi, je tâen prie, nourrice !
Nurse
Peace, I have done. God mark thee to his grace!
Thou wast the prettiest babe that eâer I nursed:
An I might live to see thee married once,
I have my wish.
LA NOURRICE.
â Paix ! jâai fini. Que Dieu te marque de sa grĂące ! â Tu Ă©tais le plus joli poupon que jâaie jamais nourri ; â si je puis vivre pour te voir marier un jour, â je serai satisfaite.
Lady Capulet
Marry, that âmarryâ is the very theme
I came to talk of. Tell me, daughter Juliet,
How stands your disposition to be married?
LADY CAPULET.
â VoilĂ justement le sujet â dont je viens lâentretenir⊠Dis-moi, Juliette, ma fille, â quelle disposition te sens-tu pour le mariage ?
Juliet
It is an honour that I dream not of.
JULIETTE.
â Câest un honneur auquel je nâai pas mĂȘme songĂ©.
Nurse
An honour! were not I thine only nurse,
I would say thou hadst suckâd wisdom from thy teat.
LA NOURRICE.
â Un honneur ! Si je nâĂ©tais pas ton unique nourrice, â je dirais que tu as sucĂ© la sagesse avec le lait.
Lady Capulet
Well, think of marriage now; younger than you,
Here in Verona, ladies of esteem,
Are made already mothers: by my count,
I was your mother much upon these years
That you are now a maid. Thus then in brief:
The valiant Paris seeks you for his love.
LADY CAPULET.
â Eh bien, songez au mariage dĂšs Ă prĂ©sent ; de plus jeunes que vous, â dames fort estimĂ©es, ici Ă VĂ©rone mĂȘme, â sont dĂ©jĂ devenues mĂšres ; si je ne me trompe, â jâĂ©tais mĂšre moi-mĂȘme avant lâĂąge â oĂč vous ĂȘtes fille encore. En deux mots, voici : â le vaillant PĂąris vous recherche pour sa fiancĂ©e.
Nurse
A man, young lady! lady, such a man
As all the worldâ âwhy, heâs a man of wax.
LA NOURRICE.
â VoilĂ un homme, ma jeune dame ! un homme â comme le monde entier⊠Quoi ! câest un homme en cire !
Lady Capulet
Veronaâs summer hath not such a flower.
LADY CAPULET.
â Le parterre de VĂ©rone nâoffre pas une fleur pareille.
Nurse
Nay, heâs a flower; in faith, a very flower.
LA NOURRICE.
â Oui, ma foi, il est la fleur du pays, la fleur par excellence.
Lady Capulet
What say you? can you love the gentleman?
This night you shall behold him at our feast;
Read oâer the volume of young Parisâ face,
And find delight writ there with beautyâs pen;
Examine every married lineament,
And see how one another lends content,
And what obscured in this fair volume lies
Find written in the margent of his eyes.
This precious book of love, this unbound lover,
To beautify him, only lacks a cover:
The fish lives in the sea, and âtis much pride
For fair without the fair within to hide:
That book in manyâs eyes doth share the glory,
That in gold clasps locks in the golden story;
So shall you share all that he doth possess,
By having him, making yourself no less.
LADY CAPULET.
â Quâen dites-vous ? Pourriez-vous aimer ce gentilhomme ? â Ce soir vous le verrez Ă notre fĂȘte ; â lisez alors sur le visage du jeune PĂąris, â et observez toutes les grĂąces quây a tracĂ©es la plume de la beautĂ© ; â examinez ces traits si bien mariĂ©s, â et voyez quel charme chacun prĂȘte Ă lâautre ; â si quelque chose reste obscur en cette belle page, â vous le trouverez Ă©clairci sur la marge de ses yeux. â Ce prĂ©cieux livre dâamour, cet amant jusquâici dĂ©tachĂ©, â pour ĂȘtre parfait, nâa besoin que dâĂȘtre reliĂ© !⊠â Le poisson brille sous la vague, et câest la splendeur suprĂȘme â pour le beau extĂ©rieur de recĂ©ler le beau intĂ©rieur ; â aux yeux de beaucoup, il nâen est que plus magnifique, le livre â qui dâun fermoir dâor Ă©treint la lĂ©gende dâor ! â Ainsi, en lâĂ©pousant, vous aurez part Ă tout ce quâil possĂšde, â sans que vous-mĂȘme soyez en rien diminuĂ©e.
Nurse
No less! nay, bigger; women grow by men.
LA NOURRICE.
â Elle, diminuer ! Elle grossira, bien plutĂŽt. Les femmes sâarrondissent auprĂšs des hommes !
Lady Capulet
Speak briefly, can you like of Parisâ love?
LADY CAPULET, Ă Juliette.
â Bref, dites-moi si vous rĂ©pondrez Ă lâamour de PĂąris.
Juliet
Iâll look to like, if looking liking move:
But no more deep will I endart mine eye
Than your consent gives strength to make it fly.
JULIETTE.
â Je verrai Ă lâaimer, sâil suffit de voir pour aimer : â mais mon attention Ă son Ă©gard ne dĂ©passera pas â la portĂ©e que lui donneront vos encouragements.
Enter a Servant.
Entre un valet.
Servant
Madam, the guests are come, supper served up, you called, my young lady asked for, the nurse cursed in the pantry, and everything in extremity. I must hence to wait; I beseech you, follow straight.
LE VALET.
Madame, les invitĂ©s sont venus, le souper est servi ; on vous appelle ; on demande mademoiselle ; on maudit la nourrice Ă lâoffice ; et tout est terminĂ©. Il faut que je mâen aille pour servir ; je vous en conjure, venez vite.
Lady Capulet
We follow thee.
Exit Servant.
Juliet, the county stays.
LADY CAPULET.
â Nous te suivons, Juliette, le comte nous attend.
Nurse
Go, girl, seek happy nights to happy days.
LA NOURRICE.
â Va, fillette, va ajouter dâheureuses nuits Ă tes heureux jours.
Exeunt.
Tous sortent.
Scene IV
SCĂNE IV.
A street.
Une place sur laquelle est située la maison de Capulet.
Enter Romeo, Mercutio, Benvolio, with five or six Maskers, Torch-bearers, and others.
Entrent Roméo, costumé en pélerin ; Mercutio, Benvolio, avec cinq ou six masques ; des gens portant des torches et des musiciens.
Romeo
What, shall this speech be spoke for our excuse?
Or shall we on without apology?
ROMĂO.
â Voyons, faut-il prononcer un discours pour nous excuser â ou entrer sans apologie ?
Benvolio
The date is out of such prolixity:
Weâll have no Cupid hoodwinkâd with a scarf,
Bearing a Tartarâs painted bow of lath,
Scaring the ladies like a crow-keeper;
Nor no without-book prologue, faintly spoke
After the prompter, for our entrance:
But let them measure us by what they will;
Weâll measure them a measure, and be gone.
BENVOLIO.
â Ces harangues prolixes ne sont plus de mode. â Nous nâaurons pas de Cupidon aux yeux bandĂ©s dâune Ă©charpe, portant un arc peint Ă la tartare, â et faisant fuir les dames comme un Ă©pouvantail ; pas de prologue appris par cĆur et mollement dĂ©bitĂ© â Ă lâaide dâun souffleur pour prĂ©parer notre entrĂ©e. â Quâils nous estiment dans la mesure quâil leur plaira ; â nous leur danserons une mesure, et nous partirons.

Romeo
Give me a torch: I am not for this ambling;
Being but heavy, I will bear the light.
ROMĂO.
â Quâon me donne une torche ! Je ne suis pas en train de gambader ! â Sombre comme je suis, je veux porter la lumiĂšre.
Mercutio
Nay, gentle Romeo, we must have you dance.
MERCUTIO.
â Ah ! mon doux RomĂ©o, nous voulons que vous dansiez.
Romeo
Not I, believe me: you have dancing shoes
With nimble soles: I have a soul of lead
So stakes me to the ground I cannot move.
ROMĂO.
â Non, croyez-moi : vous avez tous la chaussure de bal â et le talon lĂ©ger : moi, jâai une Ăąme de plomb â qui me cloue au sol et mâĂŽte le talent de remuer.
Mercutio
You are a lover; borrow Cupidâs wings,
And soar with them above a common bound.
MERCUTIO.
â Vous ĂȘtes amoureux ; empruntez Ă Cupidon ses ailes, â et vous dĂ©passerez dans votre vol notre vulgaire essor.
Romeo
I am too sore enpierced with his shaft
To soar with his light feathers, and so bound,
I cannot bound a pitch above dull woe:
Under loveâs heavy burden do I sink.
ROMĂO.
â Ses flĂšches mâont trop cruellement blessĂ© â pour que je puisse mâĂ©lancer sur ses ailes lĂ©gĂšres ; enchaĂźnĂ© comme je le suis, â je ne saurais mâĂ©lever au-dessus dâune immuable douleur ; je succombe sous lâamour qui mâĂ©crase.
Mercutio
And, to sink in it, should you burden love;
Too great oppression for a tender thing.
MERCUTIO.
â Prenez le dessus et vous lâĂ©craserez : â le dĂ©licat enfant sera bien vite accablĂ© par vous.
Romeo
Is love a tender thing? it is too rough,
Too rude, too boisterous, and it pricks like thorn.
ROMĂO.
â Lâamour, un dĂ©licat enfant ! Il est brutal, â rude, violent ; il Ă©corche comme lâĂ©pine.
Mercutio
If love be rough with you, be rough with love;
Prick love for pricking, and you beat love down.
Give me a case to put my visage in:
A visor for a visor! what care I
What curious eye doth quote deformities?
Here are the beetle brows shall blush for me.
MERCUTIO.
â Si lâamour est brutal avec vous, soyez brutal avec lui ; â Ă©corchez lâamour qui vous Ă©corche, et vous le dompterez.
Aux valets.
â Donnez-moi un Ă©tui Ă mettre mon visage !
Se masquant.
â Un masque sur un masque ! Peu mâimporte Ă prĂ©sent â quâun regard curieux cherche Ă dĂ©couvrir mes laideurs ! â VoilĂ dâĂ©pais sourcils qui rougiront pour moi !
Benvolio
Come, knock and enter; and no sooner in,
But every man betake him to his legs.
BENVOLIO.
â Allons, frappons et entrons ; aussitĂŽt dedans, â que chacun ait recours Ă ses jambes !
Romeo
A torch for me: let wantons light of heart
Tickle the senseless rushes with their heels,
For I am proverbâd with a grandsire phrase;
Iâll be a candle-holder, and look on.
The game was neâer so fair, and I am done.
ROMĂO.
â Ă moi une torche ! Que les galants au cĆur lĂ©ger â agacent du pied la natte insensible. â Pour moi, je mâaccommode dâune phrase de grand-pĂšre : â je tiendrai la chandelle et je regarderai⊠â Ă vos brillants Ă©bats mon humeur noire ferait tache.
Mercutio
Tut, dunâs the mouse, the constableâs own word:
If thou art dun, weâll draw thee from the mire
Of this sir-reverence love, wherein thou stickâst
Up to the ears. Come, we burn daylight, ho!
MERCUTIO.
â Bah ! la nuit tous les chats sont gris ! â Si tu es en humeur noire, nous te tirerons, sauf respect, du bourbier â de cet amour oĂč tu patauges â jusquâaux oreilles⊠Allons vite. Nous usons notre Ă©clairage de jourâŠ
Romeo
Nay, thatâs not so.
ROMĂO.
â Comment cela ?
Mercutio
I mean, sir, in delay
We waste our lights in vain, like lamps by day.
Take our good meaning, for our judgment sits
Five times in that ere once in our five wits.
MERCUTIO.
Je veux dire, messire, quâen nous attardant â nous consumons nos lumiĂšres en pure perte, comme des lampes en plein jour⊠â Ne tenez compte que de ma pensĂ©e : notre mĂ©rite â est cinq fois dans notre intention pour une fois quâil est dans notre bel esprit.
Romeo
And we mean well in going to this mask;
But âtis no wit to go.
ROMĂO.
â En allant Ă cette mascarade, nous avons bonne intention, â mais il y a peu dâesprit Ă y aller.
Mercutio
Why, may one ask?
MERCUTIO.
Peut-on demander pourquoi ?
Romeo
I dreamâd a dream to-night.
ROMĂO.
â Jâai fait un rĂȘve cette nuit.
Mercutio
And so did I.
MERCUTIO.
Et moi aussi.
Romeo
Well, what was yours?
ROMĂO.
â Eh bien ! quâavez-vous rĂȘvĂ© ?
Mercutio
That dreamers often lie.
MERCUTIO.
Que souvent les rĂȘveurs sont mis dedans !
Romeo
In bed asleep, while they do dream things true.
ROMĂO.
â Oui, dans le lit oĂč, tout en dormant, ils rĂȘvent la vĂ©ritĂ©.
Mercutio
O, then, I see Queen Mab hath been with you.
She is the fairiesâ midwife, and she comes
In shape no bigger than an agate-stone
On the fore-finger of an alderman,
Drawn with a team of little atomies
Athwart menâs noses as they lie asleep;
Her wagon-spokes made of long spinnersâ legs,
The cover of the wings of grasshoppers,
The traces of the smallest spiderâs web,
The collars of the moonshineâs watery beams,
Her whip of cricketâs bone, the lash of film,
Her waggoner a small grey-coated gnat,
Not half so big as a round little worm
Prickâd from the lazy finger of a maid;
Her chariot is an empty hazel-nut
Made by the joiner squirrel or old grub,
Time out oâ mind the fairiesâ coach-makers.
And in this state she gallops night by night
Through loversâ brains, and then they dream of love;
Oâer courtiersâ knees, that dream on courtâsies straight,
Oâer lawyersâ fingers, who straight dream on fees,
Oâer ladiesâ lips, who straight on kisses dream,
Which oft the angry Mab with blisters plagues,
Because their breaths with sweetmeats tainted are:
Sometime she gallops oâer a courtierâs nose,
And then dreams he of smelling out a suit;
And sometime comes she with a tithe-pigâs tail
Tickling a parsonâs nose as aâ lies asleep,
Then dreams he of another benefice:
Sometime she driveth oâer a soldierâs neck,
And then dreams he of cutting foreign throats,
Of breaches, ambuscadoes, Spanish blades,
Of healths five-fathom deep; and then anon
Drums in his ear, at which he starts and wakes,
And being thus frighted swears a prayer or two
And sleeps again. This is that very Mab
That plats the manes of horses in the night,
And bakes the elf-locks in foul sluttish hairs,
Which once untangled much misfortune bodes:
This is the hag, when maids lie on their backs,
That presses them and learns them first to bear,
Making them women of good carriage:
This is sheâ â
MERCUTIO.
â Oh ! je le vois bien, la reine Mab vous a fait visite. â Elle est la fĂ©e accoucheuse et elle arrive, â pas plus grande quâune agate â Ă lâindex dâun alderman, â traĂźnĂ©e par un attelage de petits atomes â Ă travers les nez des hommes qui gisent endormis. â Les rayons des roues de son char sont faits de longues pattes de faucheux ; â la capote, dâailes de sauterelles ; â les rĂȘnes, de la plus fine toile dâaraignĂ©e ; les harnais, dâhumides rayons de lune. â Son fouet, fait dâun os de griffon, a pour corde un fil de la Vierge. â Son cocher est un petit cousin en livrĂ©e grise, â moins gros de moitiĂ© quâune petite bĂȘte ronde â tirĂ©e avec une Ă©pingle du doigt paresseux dâune servante. â Son chariot est une noisette, vide, â taillĂ©e par le menuisier Ă©cureuil ou par le vieux ciron, â carrossier immĂ©morial des fĂ©es. â Câest dans cet apparat quâelle galope de nuit en nuit â Ă travers les cerveaux des amants qui alors rĂȘvent dâamour, â sur les genoux des courtisans qui rĂȘvent aussitĂŽt de courtoisies, â sur les doigts des gens de loi qui aussitĂŽt rĂȘvent dâhonoraires, â sur les lĂšvres des dames qui rĂȘvent de baisers aussitĂŽt ! â Ces lĂšvres, Mab les crible souvent dâampoules, irritĂ©e â de ce que leur haleine est gĂątĂ©e par quelque pommade. â TantĂŽt elle galope sur le nez dâun solliciteur, â et vite il rĂȘve quâil flaire une place ; â tantĂŽt elle vient avec la queue dâun cochon de la dĂźme â chatouiller la narine dâun curĂ© endormi, â et vite il rĂȘve dâun autre bĂ©nĂ©fice ; â tantĂŽt elle passe sur le cou dâun soldat, â et alors il rĂȘve de gorges ennemies coupĂ©es, â de brĂšches, dâembuscades, de lames espagnoles, â de rasades profondes de cinq brasses, et puis de tambours â battant Ă son oreille ; sur quoi il tressaille, sâĂ©veille, â et, ainsi alarmĂ©, jure une priĂšre ou deux, â et se rendort. Câest cette mĂȘme Mab â qui, la nuit, tresse la criniĂšre des chevaux â et dans les poils emmĂȘlĂ©s durcit ces nĆuds magiques â quâon ne peut dĂ©brouiller sans encourir malheur. â Câest la stryge qui, quand les filles sont couchĂ©es sur le dos, â les Ă©treint et les habitue Ă porter leur charge â pour en faire des femmes Ă solide carrure. â Câest elle âŠ
Romeo
Peace, peace, Mercutio, peace!
Thou talkâst of nothing.
ROMĂO.
Paix, paix, Mercutio, paix. â Tu nous parles de riens !
Mercutio
True, I talk of dreams,
Which are the children of an idle brain,
Begot of nothing but vain fantasy,
Which is as thin of substance as the air
And more inconstant than the wind, who wooes
Even now the frozen bosom of the north,
And, being angerâd, puffs away from thence,
Turning his face to the dew-dropping south.
MERCUTIO.
En effet, je parle des rĂȘves, â ces enfants dâun cerveau en dĂ©lire, â que peut seule engendrer lâhallucination, â aussi insubstantielle que lâair, â et plus variable que le vent qui caresse â en ce moment le sein glacĂ© du nord, â et qui tout Ă lâheure, sâĂ©chappant dans une bouffĂ©e de colĂšre, â va se tourner vers le midi encore humide de rosĂ©e !
Benvolio
This wind, you talk of, blows us from ourselves;
Supper is done, and we shall come too late.
BENVOLIO.
â Ce vent dont vous parlez nous emporte hors de nous-mĂȘmes : â le souper est fini et nous arriverons trop tard.
Romeo
I fear, too early: for my mind misgives
Some consequence yet hanging in the stars
Shall bitterly begin his fearful date
With this nightâs revels and expire the term
Of a despised life closed in my breast
By some vile forfeit of untimely death.
But He, that hath the steerage of my course,
Direct my sail! On, lusty gentlemen.
ROMĂO.
â Trop tĂŽt, jâen ai peur ! Mon Ăąme pressent â quâune amĂšre catastrophe, encore suspendue Ă mon Ă©toile, â aura pour date funeste â cette nuit de fĂȘte, et terminera â la mĂ©prisable existence contenue dans mon sein â par le coup sinistre dâune mort prĂ©maturĂ©e. â Mais que celui qui est le nautonnier de ma destinĂ©e â dirige ma voile !⊠En avant, joyeux amis !
Benvolio
Strike, drum.
BENVOLIO.
â Battez, tambours !
Exeunt.
Ils sortent.
Scene V
SCĂNE V.
A hall in Capuletâs house.
Une salle dans la maison de Capulet.
Musicians waiting. Enter Servingmen with napkins.
Entrent plusieurs valets.
First Servingman
Whereâs Potpan, that he helps not to take away? He shift a trencher? he scrape a trencher!
PREMIER VALET.
OĂč est donc Laterrine, quâil ne mâaide pas Ă desservir ? Lui, soulever une assiette ! Lui, frotter une table ! Fi donc !
Second Servingman
When good manners shall lie all in one or two menâs hands and they unwashed too, âtis a foul thing.
DEUXIĂME VALET.
Quand le soin dâune maison est confiĂ© aux mains dâun ou deux hommes, et que ces mains ne sont mĂȘme pas lavĂ©es, câest une sale chose.
First Servingman
Away with the joint-stools, remove the court-cupboard, look to the plate. Good thou, save me a piece of marchpane; and, as thou lovest me, let the porter let in Susan Grindstone and Nell. Antony, and Potpan!
PREMIER VALET.
Dehors les tabourets !⊠Enlevez le buffet !⊠Attention Ă lâargenterieâŠ
Ă lâun de ses camarades.
Mon bon, mets-moi de cĂŽtĂ© un massepain ; et, si tu mâaimes, dis au portier de laisser entrer Suzanne Lameule et Nelly⊠Antoine ! Laterrine !
Second Servingman
Ay, boy, ready.
TROISIEME VALET.
Voilà , mon garçon ! présent !
First Servingman
You are looked for and called for, asked for and sought for, in the great chamber.
PREMIER VALET.
On vous attend, on vous appelle, on vous demande, on vous cherche dans la grande chambre.
Second Servingman
We cannot be here and there too. Cheerly, boys; be brisk awhile, and the longer liver take all.
TROISIEME VALET.
Nous ne pouvons pas ĂȘtre ici et là ⊠Vivement, mes enfants ; mettez-y un peu dâentrain, et que le dernier restant emporte tout.
Ils se retirent.
Enter Capulet, with Juliet and others of his house, meeting the Guests and Maskers.
Entrent le vieux Capulet, puis, parmi la foule des convives, Tybalt, Juliette et la nourrice ; enfin, Roméo, accompagné de ses amis, tous masqués. Les valets vont et viennent.
Capulet
Welcome, gentlemen! ladies that have their toes
Unplagued with corns will have a bout with you.
Ah ha, my mistresses! which of you all
Will now deny to dance? she that makes dainty,
She, Iâll swear, hath corns; am I come near ye now?
Welcome, gentlemen! I have seen the day
That I have worn a visor and could tell
A whispering tale in a fair ladyâs ear,
Such as would please: âtis gone, âtis gone, âtis gone:
You are welcome, gentlemen! come, musicians, play.
A hall, a hall! give room! and foot it, girls.
CAPULET.
â Messieurs, soyez les bienvenus ! Celles de ces dames qui ne sont pas â affligĂ©es de cors aux pieds vont vous donner de lâexercice !⊠â Ah ! ah ! mes donzelles ! qui de vous toutes â refusera de danser Ă prĂ©sent ? Celle qui fera la mijaurĂ©e, celle-lĂ , â je jurerai quâelle a des cors ! Eh ! je vous prends par lâendroit sensible, nâest-ce pas ?
Ă de nouveaux arrivants.
â Vous ĂȘtes les bienvenus, messieurs⊠Jâai vu le temps â oĂč, moi aussi, je portais un masque et oĂč je savais â chuchoter Ă lâoreille des belles dames de ces mots â qui les charment : ce temps-lĂ nâest plus, il nâest plus, il nâest plus !
Ă de nouveaux arrivants.
â Vous ĂȘtes les bienvenus, messieurs⊠Allons, musiciens, jouez ! â Salle nette pour le bal ! Quâon fasse place ! et en avant, jeunes filles !
Music plays, and they dance.
La musique joue. Les danses commencent. Aux valets.
More light, you knaves; and turn the tables up,
And quench the fire, the room is grown too hot.
Ah, sirrah, this unlookâd-for sport comes well.
Nay, sit, nay, sit, good cousin Capulet;
For you and I are past our dancing days:
How long isât now since last yourself and I
Were in a mask?
â Encore des lumiĂšres, marauds. Redressez ces tables, â et Ă©teignez le feu ; il fait trop chaud iciâŠ
Ă son cousin Capulet, qui arrive.
â Ah ! mon cher, ce plaisir inespĂ©rĂ© est dâautant mieux venu⊠â Asseyez-vous, asseyez-vous, bon cousin Capulet ; â car vous et moi, nous avons passĂ© nos jours de danse. â Combien de temps y a-t-il depuis le dernier bal oĂč vous et moi â nous Ă©tions masquĂ©s ?
Second Capulet
Byâr lady, thirty years.
DEUXIĂME CAPULET.
Trente ans, par Notre-Dame !
Capulet
What, man! âtis not so much, âtis not so much:
âTis since the nuptials of Lucentio,
Come Pentecost as quickly as it will,
Some five and twenty years; and then we maskâd.
PREMIER CAPULET.
â Bah ! mon cher ! pas tant que ça ! pas tant que ça ! â CâĂ©tait Ă la noce de Lucentio. â Vienne la PentecĂŽte aussi vite quâelle voudra, â il y aura de cela quelque vingt-cinq ans ; et cette fois nous Ă©tions masquĂ©s.
Second Capulet
âTis more, âtis more: his son is elder, sir;
His son is thirty.
DEUXIĂME CAPULET.
â Il y a plus longtemps, il y a plus longtemps : son fils est plus ĂągĂ©, messire ; â son fils a trente ans.
Capulet
Will you tell me that?
His son was but a ward two years ago.
PREMIER CAPULET.
Pouvez-vous dire ça ! â Son fils Ă©tait encore mineur il y a deux ans.
Romeo
To a Servingman. What lady is that, which doth enrich the hand
Of yonder knight?
ROMĂO, Ă un valet, montrant Juliette.
â Quelle est cette dame qui enrichit la main â de ce cavalier, lĂ -bas ?
Servingman
I know not, sir.
LE VALET.
Je ne sais pas, monsieur.
Romeo
O, she doth teach the torches to burn bright!
It seems she hangs upon the cheek of night
Like a rich jewel in an Ethiopeâs ear;
Beauty too rich for use, for earth too dear!
So shows a snowy dove trooping with crows,
As yonder lady oâer her fellows shows.
The measure done, Iâll watch her place of stand,
And, touching hers, make blessed my rude hand.
Did my heart love till now? forswear it, sight!
For I neâer saw true beauty till this night.
ROMĂO.
Oh ! elle apprend aux flambeaux Ă illuminer ! â Sa beautĂ© est suspendue Ă la face de la nuit â comme un riche joyau Ă lâoreille dâune Ăthiopienne ! â BeautĂ© trop prĂ©cieuse pour la possession, trop exquise pour la terre ! â Telle la colombe de neige dans une troupe de corneilles , â telle apparaĂźt cette jeune dame au milieu de ses compagnes. â Cette danse finie, jâĂ©pierai la place oĂč elle se tient, â et je donnerai Ă ma main grossiĂšre le bonheur de toucher la sienne. â Mon cĆur a-t-il aimĂ© jusquâici ? Non ; jurez-le, mes yeux ! â Car jusquâĂ ce soir, je nâavais pas vu la vraie beautĂ©.
Tybalt
This, by his voice, should be a Montague.
Fetch me my rapier, boy. What dares the slave,
Come hither, coverâd with an antic face,
To fleer and scorn at our solemnity?
Now, by the stock and honour of my kin,
To strike him dead I hold it not a sin.
TYBALT, désignant Roméo.
â Je reconnais cette voix ; ce doit ĂȘtre un MontagueâŠ
Ă un page.
â Va me chercher ma rapiĂšre, page ! Quoi ! le misĂ©rable ose â venir ici, couvert dâun masque grotesque, â pour insulter et narguer notre solennitĂ© ? â Ah ! par lâantique honneur de ma race, â je ne crois pas quâil y ait pĂ©chĂ© Ă lâĂ©tendre mort !
Capulet
Why, how now, kinsman! wherefore storm you so?
PREMIER CAPULET, sâapprochant de Tybalt.
â Eh bien ! quâas-tu donc, mon neveu ? Pourquoi cette tempĂȘte ?
Tybalt
Uncle, this is a Montague, our foe,
A villain that is hither come in spite,
To scorn at our solemnity this night.
TYBALT.
â Mon oncle, voici un Montague, un de nos ennemis, â un misĂ©rable qui est venu ici par bravade â insulter Ă notre soirĂ©e solennelle.
Capulet
Young Romeo is it?
PREMIER CAPULET.
â Nâest-ce pas le jeune RomĂ©o ?
Tybalt
âTis he, that villain Romeo.
TYBALT.
Câest lui, ce misĂ©rable RomĂ©o !
Capulet
Content thee, gentle coz, let him alone;
He bears him like a portly gentleman;
And, to say truth, Verona brags of him
To be a virtuous and well governâd youth:
I would not for the wealth of all the town
Here in my house do him disparagement:
Therefore be patient, take no note of him:
It is my will, the which if thou respect,
Show a fair presence and put off these frowns,
An ill-beseeming semblance for a feast.
PREMIER CAPULET.
â Du calme, gentil cousin ! laisse-le tranquille ; â il a les maniĂšres du plus courtois gentilhomme ; â et, Ă dire vrai, VĂ©rone est fiĂšre de lui, comme dâun jouvenceau vertueux et bien Ă©levĂ©. â Je ne voudrais pas, pour toutes les richesses de cette ville, â quâici, dans ma maison, il lui fĂ»t fait une avanie. â Aie donc patience, ne fais pas attention Ă lui, â câest ma volontĂ© ; si tu la respectes, â prends un air gracieux et laisse lĂ cette mine farouche â qui sied mal dans une fĂȘte.
Tybalt
It fits, when such a villain is a guest:
Iâll not endure him.
TYBALT.
â Elle sied bien dĂšs quâon a pour hĂŽte un tel misĂ©rable ; â je ne le tolĂ©rerai pas !
Capulet
He shall be endured:
What, goodman boy! I say, he shall: go to;
Am I the master here, or you? go to.
Youâll not endure him! God shall mend my soul!
Youâll make a mutiny among my guests!
You will set cock-a-hoop! youâll be the man!
PREMIER CAPULET.
Vous le tolĂ©rerez ! â Quâest-ce Ă dire, monsieur le freluquet ! Jâentends que vous le tolĂ©riez⊠Allons donc ! â Qui est le maĂźtre ici, vous ou moi ? Allons donc ! â Vous ne le tolĂ©rerez pas ! Dieu me pardonne ! â Vous voulez soulever une Ă©meute au milieu de mes hĂŽtes ! â Vous voulez mettre le vin en perce ! vous voulez faire lâhomme !
Tybalt
Why, uncle, âtis a shame.
TYBALT.
â Mais, mon oncle, câest une honte.
Capulet
Go to, go to;
You are a saucy boy: isât so, indeed?
This trick may chance to scathe you, I know what:
You must contrary me! marry, âtis time.
Well said, my hearts! You are a princox; go:
Be quiet, orâ âMore light, more light! For shame!
Iâll make you quiet. What, cheerly, my hearts!
PREMIER CAPULET.
Allons, allons, â vous ĂȘtes un insolent garçon. En vĂ©ritĂ©, â cette incartade pourrait vous coĂ»ter cher : Je sais ce que je dis⊠â Il faut que vous me contrariiez !⊠Morbleu ! câest le moment !âŠ
Aux danseurs.
â Ă merveille, mes chers cĆurs !âŠ
Ă Tybalt.
Vous ĂȘtes un faquin⊠â Restez tranquille, sinonâŠ
Aux valets.
Des lumiÚres ! encore des lumiÚres ! par décence !
Ă Tybalt.
â Je vous ferai rester tranquille, allez !
Aux danseurs.
De lâentrain, mes petits cĆurs !
Tybalt
Patience perforce with wilful choler meeting
Makes my flesh tremble in their different greeting.
I will withdraw: but this intrusion shall
Now seeming sweet convert to bitter gall.
TYBALT.
â La patience quâon mâimpose lutte en moi avec une colĂšre obstinĂ©e, â et leur choc fait trembler tous mes membres⊠â Je vais me retirer ; mais cette fureur rentrĂ©e, â quâen ce moment on croit adoucie, se convertira en fiel amer.
Exit.
Il sort.
Romeo
To Juliet.
If I profane with my unworthiest hand
This holy shrine, the gentle fine is this:
My lips, two blushing pilgrims, ready stand
To smooth that rough touch with a tender kiss.
ROMĂO, prenant la main de Juliette.
â Si jâai profanĂ© avec mon indigne main â cette chĂąsse sacrĂ©e, je suis prĂȘt Ă une douce pĂ©nitence : â permettez Ă mes lĂšvres, comme Ă deux pĂšlerins rougissants, â dâeffacer ce grossier attouchement par un tendre baiser.
Juliet
Good pilgrim, you do wrong your hand too much,
Which mannerly devotion shows in this;
For saints have hands that pilgrimsâ hands do touch,
And palm to palm is holy palmersâ kiss.
JULIETTE.
â Bon pĂšlerin, vous ĂȘtes trop sĂ©vĂšre pour votre main â qui nâa fait preuve en ceci que dâune respectueuse dĂ©votion. â Les saintes mĂȘmes ont des mains que peuvent toucher les mains des pĂšlerins ; â et cette Ă©treinte est un pieux baiser.
Romeo
Have not saints lips, and holy palmers too?
ROMĂO.
â Les saintes nâont-elles pas des lĂšvres, et les pĂšlerins aussi ?
Juliet
Ay, pilgrim, lips that they must use in prayer.
JULIETTE.
â Oui, pĂšlerin, des lĂšvres vouĂ©es Ă la priĂšre.
Romeo
O, then, dear saint, let lips do what hands do;
They pray, grant thou, lest faith turn to despair.
ROMĂO.
â Oh ! alors, chĂšre sainte, que les lĂšvres fassent ce que font les mains. â Elles te prient ; exauce-les, de peur que leur foi ne se change en dĂ©sespoir.
Juliet
Saints do not move, though grant for prayersâ sake.
JULIETTE.
â Les saintes restent immobiles, tout en exauçant les priĂšres.
Romeo
Then move not, while my prayerâs effect I take.
Thus from my lips, by yours, my sin is purged.
ROMĂO.
â Restez donc immobile, tandis que je recueillerai lâeffet de ma priĂšre.
Il lâembrasse sur la bouche.
â Vos lĂšvres ont effacĂ© le pĂ©chĂ© des miennes.
Juliet
Then have my lips the sin that they have took.
JULIETTE.
â Mes lĂšvres ont gardĂ© pour elles le pĂ©chĂ© quâelles ont pris des vĂŽtres.
Romeo
Sin from thy lips? O trespass sweetly urged!
Give me my sin again.
ROMĂO.
â Vous avez pris le pĂ©chĂ© de mes lĂšvres ? Ă reproche charmant ! â Alors rendez-moi mon pĂ©chĂ©.
Il lâembrasse encore.
Juliet
You kiss by the book.
JULIETTE.
Vous avez lâart des baisers.
Nurse
Madam, your mother craves a word with you.
LA NOURRICE, Ă Juliette.
â Madame, votre mĂšre voudrait vous dire un mot.
Juliette se dirige vers lady Capulet.
Romeo
What is her mother?
ROMĂO, Ă la nourrice.
â Qui donc est sa mĂšre ?
Nurse
Marry, bachelor,
Her mother is the lady of the house,
And a good lady, and a wise and virtuous:
I nursed her daughter, that you talkâd withal;
I tell you, he that can lay hold of her
Shall have the chinks.
LA NOURRICE.
Eh bien, bachelier, â sa mĂšre est la maĂźtresse de la maison, â une bonne dame, et sage et vertueuse ; â jâai nourri sa fille, celle avec qui vous causiez ; â je vais vous dire : celui qui parviendra Ă mettre la main sur elle â pourra faire sonner les Ă©cus.
Romeo
Is she a Capulet?
O dear account! my life is my foeâs debt.
ROMĂO.
Câest une Capulet ! â Ă trop chĂšre crĂ©ance ! Ma vie est due Ă mon ennemie !
Đ ŃĐșĐ»Đ°ĐŒĐ°