ĐĐœĐłĐ»ŃĐčŃĐșа-ŃŃĐ°ĐœŃŃĐ·ŃĐșĐ°Ń ĐșĐœŃга-бŃĐ»ŃĐœĐłĐČа
Peter
No money, on my faith, but the gleek; I will give you the minstrel.
PIERRE.
Ce nâest pas de lâargent, morbleu, câest une raclĂ©e, mĂ©chants racleurs !
First Musician
Then I will give you the serving-creature.
PREMIER MUSICIEN.
Méchant valet !
Peter
Then will I lay the serving-creatureâs dagger on your pate. I will carry no crotchets: Iâll re you, Iâll fa you; do you note me?
PIERRE.
Ah ! je vais vous planter ma dague de valet dans la perruque. Je ne supporterai pas vos fadaises ; je vous en donnerai des fa-diÚses, moi, sur les épaules, notez bien.
First Musician
An you re us and fa us, you note us.
PREMIER MUSICIEN.
En nous donnant le fa-diĂšse, câest vous qui nous noterez.
Second Musician
Pray you, put up your dagger, and put out your wit.
DEUXIĂME MUSICIEN.
Voyons, rengainez votre dague et dégainez votre esprit.
Peter
Then have at you with my wit! I will dry-beat you with an iron wit, and put up my iron dagger. Answer me like men:
âWhen griping grief the heart doth wound,
And doleful dumps the mind oppress,
Then music with her silver soundââ â
why âsilver soundâ? why âmusic with her silver soundâ? What say you, Simon Catling?
PIERRE.
En garde donc ! Je vais vous attaquer Ă la pointe de lâesprit et rengainer ma pointe dâacier⊠Ripostez-moi en hommes.
Il chante.
Quand une douleur poignante blesse le cĆur
Et quâune morne tristesse accable lâesprit,
Alors la musique au son argentinâŠ
Pourquoi son argentin ? Pourquoi la musique a-t-elle le son argentin ? Répondez, Simon Corde-à -Boyau !
First Musician
Marry, sir, because silver hath a sweet sound.
PREMIER MUSICIEN.
Eh ! parce que lâargent a le son fort doux.
Peter
Pretty! What say you, Hugh Rebeck?
PIERRE.
Joli !⊠Répondez, vous, Hugues Rebec !
Second Musician
I say âsilver sound,â because musicians sound for silver.
DEUXIĂME MUSICIEN.
La musique a le son argentin, parce que les musiciens la font sonner pour argent.
Peter
Pretty too! What say you, James Soundpost?
PIERRE.
Joli aussi !⊠Répondez, vous, Jacques Serpent.
Third Musician
Faith, I know not what to say.
TROISIĂME MUSICIEN.
Ma foi, je ne sais que dire.
Peter
O, I cry you mercy; you are the singer: I will say for you. It is âmusic with her silver sound,â because musicians have no gold for sounding:
âThen music with her silver sound
With speedy help doth lend redress.â
PIERRE.
Oh ! jâimplore votre pardon : vous ĂȘtes le chanteur de la bande. Eh bien, je vais rĂ©pondre pour vous. La musique a le son argentin, parce que les gaillards de votre espĂšce font rarement sonner lâor.
Il chante.
Alors la musique au son argentin
Apporte promptement le remĂšde.
Exit.
Il sort.
First Musician
What a pestilent knave is this same!
PREMIER MUSICIEN.
Voilà un fieffé coquin !
Second Musician
Hang him, Jack! Come, weâll in here; tarry for the mourners, and stay dinner.
DEUXIĂME MUSICIEN.
Quâil aille se faire pendre !⊠Sortons, nous autres ! attendons le convoi, et nous resterons Ă dĂźner.
Exeunt.
Ils sortent.

Act V
Scene I
SCĂNE XXII.
Mantua. A street.
Mantoue. Une rue.
Enter Romeo.
Entre Roméo.
Romeo
If I may trust the flattering truth of sleep,
My dreams presage some joyful news at hand:
My bosomâs lord sits lightly in his throne;
And all this day an unaccustomâd spirit
Lifts me above the ground with cheerful thoughts.
I dreamt my lady came and found me deadâ â
Strange dream, that gives a dead man leave to think!â â
And breathed such life with kisses in my lips,
That I revived, and was an emperor.
Ah me! how sweet is love itself possessâd,
When but loveâs shadows are so rich in joy!
ROMĂO.
â Si je puis me fier aux flatteuses assurances du sommeil, â mes rĂȘves mâannoncent lâarrivĂ©e de quelque joyeuse nouvelle. â La pensĂ©e souveraine de mon cĆur siĂ©ge sereine sur son trĂŽne ; â et, depuis ce matin, une allĂ©gresse singuliĂšre â mâĂ©lĂšve au-dessus de terre par de riantes pensĂ©es. â Jâai rĂȘvĂ© que ma dame arrivait et me trouvait mort â (Ă©trange rĂȘve qui laisse Ă un mort la facultĂ© de penser !) â puis, quâĂ force de baisers elle ranimait la vie sur mes lĂšvres, â et que je renaissais, et que jâĂ©tais empereur. â Ciel ! combien doit ĂȘtre douce la possession de lâamour, â si son ombre est dĂ©jĂ si prodigue de joies !
Enter Balthasar, booted.
Entre Balthazar.
News from Verona!â âHow now, Balthasar!
Dost thou not bring me letters from the friar?
How doth my lady? Is my father well?
How fares my Juliet? that I ask again;
For nothing can be ill, if she be well.
ROMĂO.
â Des nouvelles de VĂ©rone !⊠Eh bien, Balthazar, â est-ce que tu ne mâapportes pas de lettre du moine ? â Comment va ma dame ? Mon pĂšre est-il bien ? â Comment va madame Juliette ? Je te rĂ©pĂšte cette question-lĂ ; â car, si ma Juliette est heureuse, il nâexiste pas de malheur.
Balthasar
Then she is well, and nothing can be ill:
Her body sleeps in Capelâs monument,
And her immortal part with angels lives.
I saw her laid low in her kindredâs vault,
And presently took post to tell it you:
O, pardon me for bringing these ill news,
Since you did leave it for my office, sir.
BALTHAZAR.
â Elle est heureuse, il nâexiste donc pas de malheur. â Son corps repose dans le tombeau des Capulets, â et son Ăąme immortelle vit avec les anges. â Je lâai vu dĂ©poser dans le caveau de sa famille, â et jâai pris aussitĂŽt la poste pour vous lâannoncer. â Oh ! pardonnez-moi de vous apporter ces tristes nouvelles : â je remplis lâoffice dont vous mâaviez chargĂ©, monsieur.
Romeo
Is it even so? then I defy you, stars!
Thou knowâst my lodging: get me ink and paper,
And hire post-horses; I will hence to-night.
ROMĂO.
â Est-ce ainsi ? eh bien, astres, je vous dĂ©fie !âŠ
Ă Balthazar.
â Tu sais oĂč je loge : procure-moi de lâencre et du papier, â et loue des chevaux de poste : je pars dâici ce soir.
Balthasar
I do beseech you, sir, have patience:
Your looks are pale and wild, and do import
Some misadventure.
BALTHAZAR.
â Je vous en conjure, monsieur, ayez de la patience. â Votre pĂąleur, votre air hagard annonce â quelque catastrophe.
Romeo
Tush, thou art deceived:
Leave me, and do the thing I bid thee do.
Hast thou no letters to me from the friar?
ROMĂO.
Bah ! tu te trompes !⊠â Laisse-moi et fais ce que je te dis : â est-ce que tu nâas pas de lettre du moine pour moi ?
Balthasar
No, my good lord.
BALTHAZAR.
â Non, mon bon seigneur.
Romeo
No matter: get thee gone,
And hire those horses; Iâll be with thee straight.
ROMĂO.
Nâimporte : va-tâen, â et loue des chevaux ; je te rejoins sur-le-champ.
Exit Balthasar.
Sort Balthazar.
Well, Juliet, I will lie with thee to-night.
Letâs see for means: O mischief, thou art swift
To enter in the thoughts of desperate men!
I do remember an apothecaryâ â
And hereabouts he dwellsâ âwhich late I noted
In tatterâd weeds, with overwhelming brows,
Culling of simples; meagre were his looks,
Sharp misery had worn him to the bones:
And in his needy shop a tortoise hung,
An alligator stuffâd, and other skins
Of ill-shaped fishes; and about his shelves
A beggarly account of empty boxes,
Green earthen pots, bladders and musty seeds,
Remnants of packthread and old cakes of roses,
Were thinly scatterâd, to make up a show.
Noting this penury, to myself I said
âAn if a man did need a poison now,
Whose sale is present death in Mantua,
Here lives a caitiff wretch would sell it him.â
O, this same thought did but forerun my need;
And this same needy man must sell it me.
As I remember, this should be the house.
Being holiday, the beggarâs shop is shut.
What, ho! apothecary!
â Oui, Juliette, je dormirai prĂšs de toi cette nuit. â Cherchons le moyen⊠à destruction ! comme â tu tâoffres vite Ă la pensĂ©e des hommes dĂ©sespĂ©rĂ©s ! â Je me souviens dâun apothicaire â qui demeure aux environs ; rĂ©cemment encore je le remarquais â sous sa guenille, occupĂ©, le sourcil froncĂ©, â Ă cueillir des simples : il avait la mine amaigrie, â lâĂąpre misĂšre lâavait usĂ© jusquâaux os. â Dans sa pauvre Ă©choppe Ă©taient accrochĂ©s une tortue, â un alligator empaillĂ©s et des peaux â de poissons monstrueux ; sur ses planches, â une chĂ©tive collection de boĂźtes vides, â des pots de terre verdĂątres, des vessies et des graines moisies, â des restes de ficelle et de vieux pains de rose â Ă©taient Ă©pars çà et lĂ pour faire Ă©talage. â FrappĂ© de cette pĂ©nurie, je me dis Ă moi-mĂȘme : â « Si un homme avait besoin de poison, â bien que la vente en soit punie de mort Ă Mantoue, â voici un pauvre gueux qui lui en vendrait. » â Oh ! je pressentais alors mon besoin prĂ©sent ; â il faut que ce besoigneux mâen vende⊠â Autant quâil mâen souvient, ce doit ĂȘtre ici sa demeure ; â comme câest fĂȘte aujourdâhui, la boutique du misĂ©rable est fermĂ©e⊠â HolĂ ! lâapothicaire !
Enter Apothecary.
Une porte sâouvre. ParaĂźt lâapothicaire.
Apothecary
Who calls so loud?
LâAPOTHICAIRE.
Oui donc appelle si fort ?
Romeo
Come hither, man. I see that thou art poor:
Hold, there is forty ducats: let me have
A dram of poison, such soon-speeding gear
As will disperse itself through all the veins
That the life-weary taker may fall dead
And that the trunk may be discharged of breath
As violently as hasty powder fired
Doth hurry from the fatal cannonâs womb.
ROMĂO.
â Viens ici, lâami⊠Je vois que tu es pauvre ; â tiens, voici quarante ducats ; donne-moi â une dose de poison ; mais il me faut une drogue Ă©nergique â qui, Ă peine dispersĂ©e dans les veines â de lâhomme las de vivre, le fasse tomber mort, â et qui chasse du corps le souffle â aussi violemment, aussi rapidement que la flamme â renvoie la poudre des entrailles fatales du canon !
Apothecary
Such mortal drugs I have; but Mantuaâs law
Is death to any he that utters them.
LâAPOTHICAIRE.
â Jâai de ces poisons meurtriers. Mais la loi de Mantoue, â câest la mort pour qui les dĂ©bite.
Romeo
Art thou so bare and full of wretchedness,
And fearâst to die? famine is in thy cheeks,
Need and oppression starveth in thine eyes,
Contempt and beggary hangs upon thy back;
The world is not thy friend nor the worldâs law;
The world affords no law to make thee rich;
Then be not poor, but break it, and take this.
ROMĂO.
â Quoi ! tu es dans ce dĂ©nĂ»ment et dans cette misĂšre, â et tu as peur de mourir ! La famine est sur tes joues ; â le besoin et la souffrance agonisent dans ton regard ; â le dĂ©goĂ»t et la misĂšre pendent Ă tes Ă©paules. â Le monde ne tâest point ami, ni la loi du monde ; â le monde nâa pas fait sa loi pour tâenrichir ; â viole-la donc, cesse dâĂȘtre pauvre et prends ceci.
Il lui montre sa bourse.
Apothecary
My poverty, but not my will, consents.
LâAPOTHICAIRE.
â Ma pauvretĂ© consent, mais non ma volontĂ©.
Romeo
I pay thy poverty, and not thy will.
ROMĂO.
â Je paye ta pauvretĂ©, et non ta volontĂ©.
Apothecary
Put this in any liquid thing you will,
And drink it off; and, if you had the strength
Of twenty men, it would dispatch you straight.
LâAPOTHICAIRE.
â Mettez ceci dans le liquide que vous voudrez, â et avalez ; eussiez-vous la force de vingt hommes, vous serez expĂ©diĂ© immĂ©diatement.
Romeo
There is thy gold, worse poison to menâs souls,
Doing more murders in this loathsome world,
Than these poor compounds that thou mayst not sell.
I sell thee poison; thou hast sold me none.
Farewell: buy food, and get thyself in flesh.
Come, cordial and not poison, go with me
To Julietâs grave; for there must I use thee.
ROMĂO, lui jetant sa bourse.
â Voici ton or ; ce poison est plus funeste Ă lâĂąme des hommes, â il commet plus de meurtres dans cet odieux monde â que ces pauvres mixtures que tu nâas pas le droit de vendre. â Câest moi qui te vends du poison ; tu ne mâen as pas vendu. â Adieu, achĂšte de quoi manger et engraisse.
Serrant la fiole que lâapothicaire lui a remise.
â Ceci, du poison ? non ! Viens, cordial, viens avec moi â au tombeau de Juliette ; câest lĂ que tu dois me servir.
Exeunt.
Ils se séparent.
Scene II
SCĂNE XXIII.
Friar Laurenceâs cell.
La cellule de frĂšre Laurence.
Enter Friar John.
Entre frĂšre Jean.
Friar John
Holy Franciscan friar! brother, ho!
JEAN.
â Saint franciscain ! Mon frĂšre, holĂ !
Enter Friar Laurence.
Entre frĂšre Laurence.
Friar Laurence
This same should be the voice of Friar John.
Welcome from Mantua: what says Romeo?
Or, if his mind be writ, give me his letter.
LAURENCE.
â Ce doit ĂȘtre la voix du frĂšre Jean, â De Mantoue ! Sois le bienvenu. Que dit RomĂ©o ?⊠â A-t-il Ă©crit ? Alors donne-moi sa lettre.
Friar John
Going to find a bare-foot brother out
One of our order, to associate me,
Here in this city visiting the sick,
And finding him, the searchers of the town,
Suspecting that we both were in a house
Where the infectious pestilence did reign,
Sealâd up the doors, and would not let us forth;
So that my speed to Mantua there was stayâd.
JEAN.
â JâĂ©tais allĂ© Ă la recherche dâun frĂšre dĂ©chaussĂ© â de notre ordre, qui devait mâaccompagner, â et je lâavais trouvĂ© ici dans la citĂ© en train de visiter les malades ; â mais les inspecteurs de la ville, â nous ayant rencontrĂ©s tous deux dans une maison â quâils soupçonnaient infectĂ©e de la peste, â en ont fermĂ© les portes et nâont pas voulu nous laisser sortir. â Câest ainsi quâa Ă©tĂ© empĂȘchĂ© mon dĂ©part pour Mantoue.
Friar Laurence
Who bare my letter, then, to Romeo?
LAURENCE.
â Qui donc a portĂ© ma lettre Ă RomĂ©o ?
Friar John
I could not send itâ âhere it is againâ â
Nor get a messenger to bring it thee,
So fearful were they of infection.
JEAN.
â La voici. Je nâai pas pu lâenvoyer, â ni me procurer un messager pour te la rapporter, â tant la contagion effrayait tout le monde.
Friar Laurence
Unhappy fortune! by my brotherhood,
The letter was not nice but full of charge
Of dear import, and the neglecting it
May do much danger. Friar John, go hence;
Get me an iron crow, and bring it straight
Unto my cell.
LAURENCE.
â Malheureux Ă©vĂ©nement ! Par notre confrĂ©rie, â ce nâĂ©tait pas une lettre insignifiante, câĂ©tait un message â dâune haute importance, et ce retard â peut produire de grands malheurs. FrĂšre Jean, va â me chercher un levier de fer, et apporte-le-moi sur-le-champ â dans ma cellule.
Friar John
Brother, Iâll go and bring it thee.
JEAN.
FrĂšre, je vais te lâapporter.
Exit.
Il sort.
Friar Laurence
Now must I to the monument alone;
Within three hours will fair Juliet wake:
She will beshrew me much that Romeo
Hath had no notice of these accidents;
But I will write again to Mantua,
And keep her at my cell till Romeo come;
Poor living corse, closed in a dead manâs tomb!
LAURENCE.
â Maintenant il faut que je me rende seul au tombeau ; â dans trois heures la belle Juliette sâĂ©veillera. â Elle me maudira, parce que RomĂ©o â nâa pas Ă©tĂ© prĂ©venu de ce qui est arrivĂ© ; â mais je vais rĂ©crire Ă Mantoue, â et je la garderai dans ma cellule jusquâĂ la venue de RomĂ©o. â Pauvre cadavre vivant, enfermĂ© dans le sĂ©pulcre dâun mort !
Exit.
Il sort.
Scene III
SCĂNE XXIV.
A churchyard; in it a tomb belonging to the Capulets.
VĂ©rone. Un cimetiĂšre au milieu duquel sâĂ©lĂšve le tombeau des Capulets.
Enter Paris, and his Page bearing flowers and a torch.
Entre PĂąris suivi de son page qui porte une torche et des fleurs.
Paris
Give me thy torch, boy: hence, and stand aloof:
Yet put it out, for I would not be seen.
Under yond yew-trees lay thee all along,
Holding thine ear close to the hollow ground;
So shall no foot upon the churchyard tread,
Being loose, unfirm, with digging up of graves,
But thou shalt hear it: whistle then to me,
As signal that thou hearâst something approach.
Give me those flowers. Do as I bid thee, go.
PĂRIS.
â Page, donne-moi ta torche. Ăloigne-toi et tiens-toi Ă lâĂ©cart⊠â Mais, non, Ă©teins-la, car je ne veux pas ĂȘtre vu. â Va te coucher sous ces ifs lĂ -bas, â en appliquant ton oreille contre la terre sonore ; â aucun pied ne pourra se poser sur le sol du cimetiĂšre, â tant de fois amolli et fouillĂ© par la bĂȘche du fossoyeur, â sans que tu lâentendes : tu siffleras, â pour mâavertir, si tu entends approcher quelquâun⊠â Donne-moi ces fleurs. Fais ce que je te dis. Va.
Page
Aside. I am almost afraid to stand alone
Here in the churchyard; yet I will adventure.
LE PAGE, Ă part.
â Jâai presque peur de rester seul â ici dans le cimetiĂšre ; pourtant je me risque.
Retires.
Il se retire.
Paris
Sweet flower, with flowers thy bridal bed I strewâ â
O woe! thy canopy is dust and stones;â â
Which with sweet water nightly I will dew,
Or, wanting that, with tears distillâd by moans:
The obsequies that I for thee will keep
Nightly shall be to strew thy grave and weep.
PĂRIS.
â Douce fleur, je sĂšme ces fleurs sur ton lit nuptial, â dont le dais, hĂ©las ! est fait de poussiĂšre et de pierres ; â je viendrai chaque nuit les arroser dâeau douce, â ou, Ă son dĂ©faut, de larmes distillĂ©es par des sanglots ; â oui, je veux cĂ©lĂ©brer tes funĂ©railles â en venant, chaque nuit, joncher ta tombe et pleurer.
The Page whistles.
Lueur dâune torche et bruit de pas au loin. Le page siffle.
The boy gives warning something doth approach.
What cursed foot wanders this way to-night,
To cross my obsequies and true loveâs rite?
What, with a torch! muffle me, night, awhile.
â Le page mâavertit que quelquâun approche. â Quel est ce pas sacrilĂ©ge qui erre par ici la nuit â et trouble les rites funĂšbres de mon amour ? â Eh quoi ! une torche !⊠â Nuit, voile-moi un instant.
Retires.
Il se cache.
Enter Romeo and Balthasar, with a torch, mattock, etc.
Entre Roméo, suivi de Balthazar qui porte une torche, une pioche et un levier.
Romeo
Give me that mattock and the wrenching iron.
Hold, take this letter; early in the morning
See thou deliver it to my lord and father.
Give me the light: upon thy life, I charge thee,
Whateâer thou hearâst or seest, stand all aloof,
And do not interrupt me in my course.
Why I descend into this bed of death,
Is partly to behold my ladyâs face;
But chiefly to take thence from her dead finger
A precious ring, a ring that I must use
In dear employment: therefore hence, be gone:
But if thou, jealous, dost return to pry
In what I further shall intend to do,
By heaven, I will tear thee joint by joint
And strew this hungry churchyard with thy limbs:
The time and my intents are savage-wild,
More fierce and more inexorable far
Than empty tigers or the roaring sea.
ROMĂO.
â Donne-moi cette pioche et ce crocheteur dâacier.
Remettant un papier au page.
â Tiens, prends cette lettre ; demain matin, de bonne heure, â aie soin de la remettre Ă mon seigneur et pĂšre⊠â Donne-moi la lumiĂšre. Sur ta vie, voici mon ordre : â quoi que tu voies ou entendes, reste Ă lâĂ©cart â et ne mâinterromps pas dans mes actes. â Si je descends dans cette alcĂŽve de la mort, â câest pour contempler les traits de ma dame, â mais surtout pour dĂ©tacher de son doigt inerte â un anneau prĂ©cieux, un anneau que je dois employer â Ă un cher usage. Ainsi, Ă©loigne-toi, va-tâen⊠â Mais si, cĂ©dant au soupçon, tu oses revenir pour Ă©pier â ce que je veux faire, â par le ciel, je te dĂ©chirerai lambeau par lambeau, â et je joncherai de tes membres ce cimetiĂšre affamĂ©. â Ma rĂ©solution est farouche comme le moment ; elle est plus terrible et plus inexorable â que le tigre Ă jeun ou la mer rugissante.
Balthasar
I will be gone, sir, and not trouble you.
BALTHAZAR.
â Je mâen vais, monsieur, et je ne vous troublerai pas.
Romeo
So shalt thou show me friendship. Take thou that:
Live, and be prosperous: and farewell, good fellow.
ROMĂO.
â Câest ainsi que tu me prouveras ton dĂ©vouementâŠ
Lui jetant sa bourse.
Prends ceci : â vis et prospĂšre⊠Adieu, cher enfant.
Balthasar
Aside. For all this same, Iâll hide me hereabout:
His looks I fear, and his intents I doubt.
BALTHAZAR, Ă part.
â Nâimporte. Je vais me cacher aux alentours ; â sa mine mâeffraye, et je suis inquiet sur ses intentions.
Retires.
Il se retire.
Romeo
Thou detestable maw, thou womb of death,
Gorged with the dearest morsel of the earth,
Thus I enforce thy rotten jaws to open,
And, in despite, Iâll cram thee with more food!
ROMĂO, prenant le levier et allant au tombeau.
â Horrible gueule, matrice de la mort, â gorgĂ©e de ce que la terre a de plus prĂ©cieux, â je parviendrai bien Ă ouvrir tes lettres pourries â et Ă te fourrer de force une nouvelle proie !
Opens the tomb.
Il enfonce la porte du monument.
Paris
This is that banishâd haughty Montague,
That murderâd my loveâs cousin, with which grief,
It is supposed, the fair creature died;
And here is come to do some villainous shame
To the dead bodies: I will apprehend him.
PĂRIS.
â Câest ce banni, ce Montagne hautain â qui a tuĂ© le cousin de ma bien-aimĂ©e : â la belle enfant en est morte de chagrin, Ă ce quâon suppose. â Il vient ici pour faire quelque infĂąme outrage â aux cadavres : je vais lâarrĂȘterâŠ
Comes forward.
Il sâavance.
Stop thy unhallowâd toil, vile Montague!
Can vengeance be pursued further than death?
Condemned villain, I do apprehend thee:
Obey, and go with me; for thou must die.
â Suspends ta besogne impie, vil Montagne : â la vengeance peut-elle se poursuivre au delĂ de la mort ? â MisĂ©rable condamnĂ©, je tâarrĂȘte. â ObĂ©is et viens avec moi ; car il faut que tu meures.
Romeo
I must indeed; and therefore came I hither.
Good gentle youth, tempt not a desperate man;
Fly hence, and leave me: think upon these gone;
Let them affright thee. I beseech thee, youth,
Put not another sin upon my head,
By urging me to fury: O, be gone!
By heaven, I love thee better than myself;
For I come hither armâd against myself:
Stay not, be gone; live, and hereafter say,
A madmanâs mercy bade thee run away.
ROMĂO.
â Il le faut en effet, et câest pour cela que je suis venu ici⊠â Bon jeune homme, ne tente pas un dĂ©sespĂ©rĂ©, â sauve-toi dâici et laisse-moiâŠ
Montrant les tombeaux.
Songe Ă tous ces morts, â et recule Ă©pouvanté⊠Je tâen supplie, jeune homme, â ne charge pas ma tĂȘte dâun pĂ©chĂ© nouveau â en me poussant Ă la fureur⊠Oh ! va-tâen. â Par le ciel, je tâaime plus que moi-mĂȘme, â car câest contre moi-mĂȘme que je viens ici armĂ©. â Ne reste pas, va-tâen ; vis, et dis plus tard â que la pitiĂ© dâun furieux tâa forcĂ© de fuir.
Paris
I do defy thy conjurations,
And apprehend thee for a felon here.
PĂRIS, lâĂ©pĂ©e Ă la main.
â Je brave ta commisĂ©ration, â et je tâarrĂȘte ici comme fĂ©lon.
Romeo
Wilt thou provoke me? then have at thee, boy!
ROMĂO.
â Tu veux donc me provoquer ? Eh bien, Ă toi, enfant !
They fight.
Ils se battent.
Page
O Lord, they fight! I will go call the watch.
LE PAGE.
â Ă ciel ! ils se battent : je vais appeler le guet.
Exit.
Il sort en courant.
Paris
O, I am slain!
PĂRIS, tombant.
â Oh ! je suis tuĂ© !âŠ
Falls.
If thou be merciful,
Open the tomb, lay me with Juliet.
Si tu es gĂ©nĂ©reux, â ouvre le tombeau et dĂ©pose-moi prĂšs de Juliette.
Dies.
Il expire.
Romeo
In faith, I will. Let me peruse this face.
Mercutioâs kinsman, noble County Paris!
What said my man, when my betossed soul
Did not attend him as we rode? I think
He told me Paris should have married Juliet:
Said he not so? or did I dream it so?
Or am I mad, hearing him talk of Juliet,
To think it was so? O, give me thy hand,
One writ with me in sour misfortuneâs book!
Iâll bury thee in a triumphant grave;
A grave? O no! a lantern, slaughterâd youth,
For here lies Juliet, and her beauty makes
This vault a feasting presence full of light.
Death, lie thou there, by a dead man interrâd.
ROMĂO.
â Sur ma foi, je le ferai.
Se penchant sur le cadavre.
Examinons cette figure : â un parent de Mercutio, le noble comte PĂąris ! â Que mâa donc dit mon valet ? Mon Ăąme, bouleversĂ©e, â nây a pas fait attention⊠Nous Ă©tions Ă cheval⊠Il me contait, je crois, â que PĂąris devait Ă©pouser Juliette. â Mâa-t-il dit cela, ou lâai-je rĂȘvĂ© ? â Ou, en lâentendant parler de Juliette, ai-je eu la folie â de mâimaginer cela ?
Prenant le cadavre par le bras.
Oh ! donne-moi ta main, â toi que lâĂąpre adversitĂ© a inscrit comme moi sur son livre ! â Je vais tâensevelir dans un tombeau triomphal⊠â Un tombeau ? Oh ! non, jeune victime, câest un louvre splendide, â car Juliette y repose, et sa beautĂ© fait â de ce caveau une salle de fĂȘte illuminĂ©e.
Laying Paris in the tomb.
Il dépose Pùris dans le monument.
How oft when men are at the point of death
Have they been merry! which their keepers call
A lightning before death: O, how may I
Call this a lightning? O my love! my wife!
Death, that hath suckâd the honey of thy breath,
Hath had no power yet upon thy beauty:
Thou art not conquerâd; beautyâs ensign yet
Is crimson in thy lips and in thy cheeks,
And deathâs pale flag is not advanced there.
Tybalt, liest thou there in thy bloody sheet?
O, what more favour can I do to thee,
Than with that hand that cut thy youth in twain
To sunder his that was thine enemy?
Forgive me, cousin! Ah, dear Juliet,
Why art thou yet so fair? shall I believe
That unsubstantial death is amorous,
And that the lean abhorred monster keeps
Thee here in dark to be his paramour?
For fear of that, I still will stay with thee;
And never from this palace of dim night
Depart again: here, here will I remain
With worms that are thy chamber-maids; O, here
Will I set up my everlasting rest,
And shake the yoke of inauspicious stars
From this world-wearied flesh. Eyes, look your last!
Arms, take your last embrace! and, lips, O you
The doors of breath, seal with a righteous kiss
A dateless bargain to engrossing death!
Come, bitter conduct, come, unsavoury guide!
Thou desperate pilot, now at once run on
The dashing rocks thy sea-sick weary bark!
Hereâs to my love!
â Mort, repose ici, enterrĂ© par un mort. â Que de fois les hommes Ă lâagonie â ont eu un accĂšs de joie, un Ă©clair avant la mort, â comme disent ceux qui les soignent⊠Ah ! comment comparer â ceci Ă un Ă©clair ?
Contemplant le corps de Juliette.
Ă mon amour ! ma femme ! â La mort qui a sucĂ© le miel de ton haleine â nâa pas encore eu de pouvoir sur ta beautĂ© : â elle ne tâa pas conquise ; la flamme de la beautĂ© â est encore toute cramoisie sur tes lĂšvres et sur tes joues, â et le pĂąle drapeau de la mort nâest pas encore dĂ©ployĂ© lĂ âŠ
Allant Ă un autre cercueil.
â Tybalt ! te voilĂ donc couchĂ© dans ton linceul sanglant ! â Oh ! que puis-je faire de plus pour toi ? â De cette mĂȘme main qui faucha ta jeunesse, â je vais abattre celle de ton ennemi. â Pardonne-moi, cousin.
Revenant sur ses pas.
Ah ! chĂšre Juliette, â pourquoi es-tu si belle encore ? Dois-je croire â que le spectre de la Mort est amoureux â et que lâaffreux monstre dĂ©charnĂ© te garde â ici dans les tĂ©nĂšbres pour te possĂ©der !⊠â Horreur ! Je veux rester prĂšs de toi, et ne plus sortir de ce sinistre palais de la nuit ; â ici, ici, je veux rester â avec ta chambriĂšre, la vermine ! Oh ! câest ici â que je veux fixer mon Ă©ternelle demeure â et soustraire au joug des Ă©toiles ennemies â cette chair lasse du mondeâŠ
Tenant le corps embrassé.
Un dernier regard, mes yeux ! â bras, une derniĂšre Ă©treinte ! et vous, lĂšvres, vous, â portes de lâhaleine, scellez par un baiser lĂ©gitime â un pacte indĂ©fini avec le sĂ©pulcre accapareur !
Saisissant la fiole.
â Viens, amer conducteur, viens, Ăącre guide. â Pilote dĂ©sespĂ©rĂ©, vite ! lance â sur les brisants ma barque Ă©puisĂ©e par la tourmente ! â Ă ma bien-aimĂ©e !
Drinks.
Il boit le poison.
O true apothecary!
Thy drugs are quick. Thus with a kiss I die.
Oh ! lâapothicaire ne mâa pas trompĂ© : â ses drogues sont actives⊠Je meurs ainsi⊠sur un baiser !
Dies.
Il expire en embrassant Juliette.
Enter, at the other end of the churchyard, Friar Laurence, with a lantern, crow, and spade.
FrĂšre Laurence paraĂźt Ă lâautre extrĂ©mitĂ© du cimetiĂšre, avec une lanterne, un levier et une bĂȘche.
Friar Laurence
Saint Francis be my speed! how oft to-night
Have my old feet stumbled at graves! Whoâs there?
LAURENCE.
â Saint François me soit en aide ! Que de fois cette nuit â mes vieux pieds se sont heurtĂ©s Ă des tombes !
Il rencontre Balthazar étendu à terre.
Qui est lĂ ?

Balthasar
Hereâs one, a friend, and one that knows you well.
BALTHAZAR, se relevant.
â Un ami ! quelquâun qui vous connaĂźt bien.
Friar Laurence
Bliss be upon you! Tell me, good my friend,
What torch is yond, that vainly lends his light
To grubs and eyeless skulls? as I discern,
It burneth in the Capelâs monument.
LAURENCE, montrant le tombeau des Capulets.
â Soyez bĂ©ni !⊠Dites-moi, mon bon ami, â quelle est cette torche lĂ -bas qui prĂȘte sa lumiĂšre inutile â aux larves et aux crĂąnes sans yeux ? Il me semble â quâelle brĂ»le dans le monument des Capulets.
Balthasar
It doth so, holy sir; and thereâs my master,
One that you love.
BALTHAZAR.
â En effet, saint prĂȘtre ; il y a lĂ mon maĂźtre, â quelquâun que vous aimez.
Friar Laurence
Who is it?
LAURENCE.
Qui donc ?
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