Англійска-французская кніга-білінгва
Ilustracion by Ferdinand von Piloty, Paul Thumann, Hugo Käseberg, and others.
Traduction par François-Victor Hugo. Illustrations de Ferdinand von Piloty, Paul Thumann, Hugo Käseberg et autres.
Dramatis Personae
PERSONNAGES :
Escalus, prince of Verona
LE PRINCE de Vérone.
Paris, a young nobleman, kinsman to the prince
PÂRIS, jeune seigneur.
Montague and Capulet, heads of houses at variance with each other
MONTAGUE, CAPULET, } chefs des deux maisons ennemies.
An old man, cousin to Capulet
UN VIEILLARD, oncle de Capulet.
Romeo, son of Montague
ROMÉO, fils de Montague.
Mercutio, kinsman to the prince, and friend to Romeo
MERCUTIO, parent du prince et ami de Roméo.
Benvolio, nephew to Montague, and friend to Romeo
[BENVOLIO]
Tybalt, nephew to Lady Capulet
TYBALT, neveu de Capulet.
Friar Laurence, Franciscan
FRÈRE LAURENCE, moine franciscain.
Friar John, Franciscan
FRÈRE JEAN, religieux du même ordre.
Balthasar, servant to Romeo
BALTHAZAR, page de Roméo.
Sampson, servant to Capulet
SAMSON, GRÉGOIRE, } valets de Capulet.
Gregory, servant to Capulet
Peter, servant to Juliet’s nurse
PIERRE, valet de la nourrice.
Abraham, servant to Montague
ABRAHAM, valet de Montague.
An apothecary
UN APOTHICAIRE.
Three musicians
LE CLOWN.
trois musiciens.
Page to Paris; another page; an officer
un page.
un officier.
Lady Montague, wife to Montague
LADY MONTAGUE, femme de Montague.
Lady Capulet, wife to Capulet
LADY CAPULET, femme de Capulet.
Juliet, daughter to Capulet
JULIETTE, fille de Capulet.
Nurse to Juliet
LA NOURRICE.
Citizens of Verona; several men and women, relations to both houses; maskers, guards, watchmen, and attendants
citoyens de vérone ; seigneurs et dames, parents des deux familles ; masques, gardes, guetteurs de nuit, gens de service.
La scène est tantôt à Vérone, tantôt à Mantoue.
Chorus
Scene: Verona; Mantua.

Prologue
Two households, both alike in dignity,
In fair Verona, where we lay our scene,
From ancient grudge break to new mutiny,
Where civil blood makes civil hands unclean.
From forth the fatal loins of these two foes
A pair of star-cross’d lovers take their life;
Whose misadventured piteous overthrows
Do with their death bury their parents’ strife.
The fearful passage of their death-mark’d love,
And the continuance of their parents’ rage,
Which, but their children’s end, nought could remove,
Is now the two hours’ traffic of our stage;
The which if you with patient ears attend,
What here shall miss, our toil shall strive to mend.
CHŒUR.
Deux familles, égales en noblesse,
Dans la belle Vérone, où nous plaçons notre scène,
Sont entraînées par d’anciennes rancunes à des rixes nouvelles
Où le sang des citoyens souille les mains des citoyens.
Des entrailles prédestinées de ces deux ennemies
A pris naissance, sous des étoiles contraires, un couple d’amoureux
Dont la ruine néfaste et lamentable
Doit ensevelir dans leur tombe l’animosité de leurs parents.
Les terribles péripéties de leur fatal amour
Et les effets de la rage obstinée de ces familles
Que peut seule apaiser la mort de leurs enfants,
Vont en deux heures être exposés sur notre scène.
Si vous daignez nous écouter patiemment,
Notre zèle s’efforcera de corriger notre insuffisance.


Act I
Scene I
SCÈNE I.
Verona. A public place.
Vérone. Une place publique.
Enter Sampson and Gregory, of the house of Capulet, armed with swords and bucklers.
Entrent Samson et Grégoire, armés d’épées et de boucliers.
Sampson
Gregory, o’ my word, we’ll not carry coals.
SAMSON.
Grégoire, sur ma parole, nous ne supporterons pas leurs brocards.
Gregory
No, for then we should be colliers.
GRÉGOIRE.
Non, nous ne sommes pas gens à porter le brocart.
Sampson
I mean, an we be in choler, we’ll draw.
SAMSON.
Je veux dire que, s’ils nous mettent en colère, nous allongeons le couteau.
Gregory
Ay, while you live, draw your neck out o’ the collar.
GRÉGOIRE.
Oui, mais prends garde qu’on ne t’allonge le cou tôt ou tard.
Sampson
I strike quickly, being moved.
SAMSON.
Je frappe vite quand on m’émeut.
Gregory
But thou art not quickly moved to strike.
GRÉGOIRE.
Mais tu es lent à t’émouvoir.
Sampson
A dog of the house of Montague moves me.
SAMSON.
Un chien de la maison de Montague m’émeut.
Gregory
To move is to stir; and to be valiant is to stand: therefore, if thou art moved, thou runn’st away.
GRÉGOIRE.
Qui est ému, remue ; qui est vaillant, tient ferme ; conséquemment, si tu es ému, tu lâches pied.
Sampson
A dog of that house shall move me to stand: I will take the wall of any man or maid of Montague’s.
SAMSON.
Quand un chien de cette maison-là m’émeut, je tiens ferme. Je suis décidé à prendre le haut du pavé sur tous les Montagues, hommes ou femmes.
Gregory
That shows thee a weak slave; for the weakest goes to the wall.
GRÉGOIRE.
Cela prouve que tu n’es qu’un faible drôle ; les faibles s’appuient toujours au mur.
Sampson
True; and therefore women, being the weaker vessels, are ever thrust to the wall: therefore I will push Montague’s men from the wall, and thrust his maids to the wall.
SAMSON.
C’est vrai ; et voilà pourquoi les femmes étant les vases les plus faibles, sont toujours adossées au mur ; aussi, quand j’aurai affaire aux Montagues, je repousserai les hommes du mur et j’y adosserai les femmes.
Gregory
The quarrel is between our masters and us their men.
GRÉGOIRE.
La querelle ne regarde que nos maîtres et nous, leurs hommes.
Sampson
’Tis all one, I will show myself a tyrant: when I have fought with the men, I will be cruel with the maids, and cut off their heads.
SAMSON.
N’importe ! je veux agir en tyran. Quand je me serai battu avec les hommes, je serai cruel avec les femmes. Il n’y aura plus de vierges !
Gregory
The heads of the maids?
GRÉGOIRE.
Tu feras donc sauter toutes leurs têtes ?
Sampson
Ay, the heads of the maids, or their maidenheads; take it in what sense thou wilt.
SAMSON.
Ou tous leurs pucelages. Comprends la chose comme tu voudras.
Gregory
They must take it in sense that feel it.
GRÉGOIRE.
Celles-là comprendront la chose, qui la sentiront.
Sampson
Me they shall feel while I am able to stand: and ’tis known I am a pretty piece of flesh.
SAMSON.
Je la leur ferai sentir tant que je pourrai tenir ferme, et l’on sait que je suis un joli morceau de chair.
Gregory
’Tis well thou art not fish; if thou hadst, thou hadst been poor John. Draw thy tool; here comes two of the house of the Montagues.
GRÉGOIRE.
Il est fort heureux que tu ne sois pas poisson ; tu aurais fait un pauvre merlan. Tire ton instrument ; en voici deux de la maison de Montague.
Ils dégainent.
Entrent Abraham et Balthazar.
Sampson
My naked weapon is out: quarrel, I will back thee.
SAMSON.
Voici mon épée nue ; cherche-leur querelle ; je serai derrière toi.

Gregory
How! turn thy back and run?
GRÉGOIRE.
Oui, tu te tiendras derrière pour mieux déguerpir.
Sampson
Fear me not.
SAMSON.
Ne crains rien de moi.
Gregory
No, marry; I fear thee!
GRÉGOIRE.
De toi ? Non, morbleu.
Sampson
Let us take the law of our sides; let them begin.
SAMSON.
Mettons la loi de notre côté et laissons-les commencer.
Gregory
I will frown as I pass by, and let them take it as they list.
GRÉGOIRE.
Je vais froncer le sourcil en passant près d’eux, et qu’ils le prennent comme ils le voudront.
Sampson
Nay, as they dare. I will bite my thumb at them; which is a disgrace to them, if they bear it.
SAMSON.
C’est-à-dire comme ils l’oseront. Je vais mordre mon pouce en les regardant, et ce sera une disgrâce pour eux, s’ils le supportent.
Enter Abraham and Balthasar.
Abraham
Do you bite your thumb at us, sir?
ABRAHAM, à Samson.
Est-ce à notre intention que vous mordez votre pouce, monsieur ?
Sampson
I do bite my thumb, sir.
SAMSON.
Je mords mon pouce, monsieur.
Abraham
Do you bite your thumb at us, sir?
ABRAHAM.
Est-ce à notre intention que vous mordez votre pouce, monsieur ?
Sampson
Aside to Gregory.
Is the law of our side, if I say ay?
SAMSON, bas, à Grégoire.
La loi est-elle de notre côté, si je dis oui ?
Gregory
No.
GRÉGOIRE, bas, à Samson.
Non.
Sampson
No, sir, I do not bite my thumb at you, sir, but I bite my thumb, sir.
SAMSON, haut, à Abraham.
Non, monsieur, ce n’est pas à votre intention que je mords mon pouce, monsieur ; mais je mords mon pouce, monsieur.
Gregory
Do you quarrel, sir?
GRÉGOIRE, à Abraham.
Cherchez-vous une querelle, monsieur ?
Abraham
Quarrel, sir! no, sir.
ABRAHAM.
Une querelle, monsieur ? Non, monsieur !
Sampson
If you do, sir, I am for you: I serve as good a man as you.
SAMSON.
Si vous en cherchez une, monsieur, je suis votre homme. Je sers un maître aussi bon que le vôtre.
Abraham
No better.
ABRAHAM.
Mais pas meilleur.
Sampson
Well, sir.
SAMSON.
Soit, monsieur.
Entre au fond du théâtre Benvolio, puis, à distance, derrière lui, Tybalt.
Gregory
Say “better:” here comes one of my master’s kinsmen.
GRÉGOIRE, à Samson.
Dis meilleur ! Voici un parent de notre maître.
Sampson
Yes, better, sir.
SAMSON, à Abraham.
Si fait, monsieur, meilleur !
Abraham
You lie.
ABRAHAM.
Vous en avez menti.
Sampson
Draw, if you be men. Gregory, remember thy swashing blow.
SAMSON.
Dégainez, si vous êtes hommes !
Tous se mettent en garde.
Grégoire, souviens-toi de ta maîtresse botte !
They fight.
Enter Benvolio.
Benvolio
Part, fools!
Put up your swords; you know not what you do.
BENVOLIO, s’avançant, la rapière au poing.
Séparez-vous, imbéciles ! rengainez vos épées ; vous ne savez pas ce que vous faites.
Beats down their swords.
Il rabat les armes des valets.
Enter Tybalt.
Tybalt
What, art thou drawn among these heartless hinds?
Turn thee, Benvolio, look upon thy death.
TYBALT, s’élançant, l’épée nue, derrière Benvolio.
— Quoi ! l’épée à la main, parmi ces marauds sans cœur ! — Tourne-toi, Benvolio, et fais face à ta mort.
Benvolio
I do but keep the peace: put up thy sword,
Or manage it to part these men with me.
BENVOLIO, à Tybalt.
— Je ne veux ici que maintenir la paix ; rengaine ton épée, — ou emploie-la, comme moi, à séparer ces hommes.
Tybalt
What, drawn, and talk of peace! I hate the word,
As I hate hell, all Montagues, and thee:
Have at thee, coward!
TYBALT.
— Quoi, l’épée à la main, tu parles de paix ! Ce mot, je le hais, — comme je hais l’enfer, tous les Montagues et toi. — À toi, lâche !
They fight.
Tous se battent.
Enter several of both houses, who join the fray; then enter Citizens, with clubs.
D’autres partisans des deux maisons arrivent et se joignent à la mêlée. Alors arrivent des citoyens armés de bâtons.
First Citizen
Clubs, bills, and partisans! strike! beat them down!
Down with the Capulets! down with the Montagues!
PREMIER CITOYEN.
— À l’œuvre les bâtons, les piques, les pertuisanes ! Frappez ! Écrasez-les ! — À bas les Montagues ! à bas les Capulets !
Enter Capulet in his gown, and Lady Capulet.
Entrent Capulet, en robe de chambre, et lady Capulet.
Capulet
What noise is this? Give me my long sword, ho!
CAPULET.
— Quel est ce bruit ?… Holà ! qu’on me donne ma grande épée.
Lady Capulet
A crutch, a crutch! why call you for a sword?
LADY CAPULET.
— Non ! une béquille ! une béquille !… Pourquoi demander une épée ?
Capulet
My sword, I say! Old Montague is come,
And flourishes his blade in spite of me.
CAPULET.
— Mon épée, dis-je ! le vieux Montague arrive — et brandit sa rapière en me narguant !
Enter Montague and Lady Montague.
Entrent Montague, l’épée à la main, et lady Montague.
Montague
Thou villain Capulet—Hold me not, let me go.
MONTAGUE.
— À toi, misérable Capulet !… Ne me retenez pas ! lâchez-moi.
Lady Montague
Thou shalt not stir a foot to seek a foe.
LADY MONTAGUE, le retenant.
— Tu ne feras pas un seul pas vers ton ennemi.
Enter Prince, with Attendants.
Entre le prince, avec sa suite.
Prince
Rebellious subjects, enemies to peace,
Profaners of this neighbour-stained steel—
Will they not hear? What, ho! you men, you beasts,
That quench the fire of your pernicious rage
With purple fountains issuing from your veins,
On pain of torture, from those bloody hands
Throw your mistemper’d weapons to the ground,
And hear the sentence of your moved prince.
LE PRINCE.
— Sujets rebelles, ennemis de la paix ! — profanateurs qui souillez cet acier par un fratricide !… — Est-ce qu’on ne m’entend pas ?… Holà ! vous tous, hommes ou brutes, — qui éteignez la flamme de votre rage pernicieuse — dans les flots de pourpre échappés de vos veines, — sous peine de torture, obéissez ! Que vos mains sanglantes — jettent à terre ces épées trempées dans le crime, — et écoutez la sentence de votre prince irrité !
Tous les combattants s’arrêtent.
Three civil brawls, bred of an airy word,
By thee, old Capulet, and Montague,
Have thrice disturb’d the quiet of our streets,
And made Verona’s ancient citizens
Cast by their grave beseeming ornaments,
To wield old partisans, in hands as old,
Canker’d with peace, to part your canker’d hate:
If ever you disturb our streets again,
Your lives shall pay the forfeit of the peace.
For this time, all the rest depart away:
You, Capulet, shall go along with me:
And, Montague, come you this afternoon,
To know our further pleasure in this case,
To old Free-town, our common judgment-place.
Once more, on pain of death, all men depart.
— Trois querelles civiles, nées d’une parole en l’air, ont déjà troublé le repos de nos rues, — par ta faute, vieux Capulet, et par la tienne, Montague ; — trois fois les anciens de Vérone, — dépouillant le vêtement grave qui leur sied, — ont dû saisir de leurs vieilles mains leurs vieilles pertuisanes, — gangrenées par la rouille, pour séparer vos haines gangrenées. — Si jamais vous troublez encore nos rues, — votre vie payera le dommage fait à la paix. — Pour cette fois, que tous se retirent. — Vous, Capulet, venez avec moi ; — et vous, Montague, vous vous rendrez cette après-midi, — pour connaître notre décision ultérieure sur cette affaire, — au vieux château de Villafranca, siége ordinaire de notre justice. — Encore une fois, sous peine de mort, que tous se séparent !
Exeunt all but Montague, Lady Montague, and Benvolio.
Tous sortent, excepté Montague, lady Montague et Benvolio.
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